Jusqu’à trois ans de prison requis contre des "cultivateurs" plutôt déterminés

Après plusieurs jours de surveillance discrète d’un entrepôt situé à l’écart de toute habitation du côté de Virginal, les policiers sont passés à l’action en voyant qu’une Mercedes bleue entrait dans les lieux.

Le conducteur, Lorenz D., a tout de suite admis qu’il venait sur place pour arroser des plants de cannabis, comme il le faisait une fois tous les deux jours depuis près de deux ans.

À l’intérieur, les policiers ont trouvé une installation très professionnelle : l’entrepôt était séparé en plusieurs zones dont deux consacrées à la culture, pour un total de 230 plants. Il y avait aussi un séchoir, une partie réservée à l’équipement technique, et une ventilation tournant en permanence.

Pas moins de 60 lampes de 600 watts éclairaient les plants, 10 aérateurs et deux chauffages électriques fonctionnaient et un dispositif d’air conditionné fournissait des conditions optimales.

En deux ans, cinq à six récoltes avaient déjà été effectuées.

Évidemment, vu la consommation d’une telle installation, le compteur électrique avait été bidouillé. L’entrepôt avait été pris en location pour soi-disant abriter une fabrication de meubles en bois.

Ores, en calculant l’énergie volée en deux ans, estime qu’il s’agit de l’équivalent de la consommation de… 120 ménages ! Et le fournisseur d’énergie demande donc à être remboursé de plus de 85.000 euros, sans compter les frais techniques.

Lorenz D. avait expliqué aux enquêteurs qu’il agissait pour le compte d’un certain Otman N. : il était remboursé de ses frais de déplacement et pouvait se servir des déchets de feuilles pour extraire une huile qu’il considère comme thérapeutique…

Des explications qu’il a répétées hier matin devant le tribunal correctionnel. Une peine de dix-huit mois de prison a été requise contre lui. Quant à Otman, considéré comme le cerveau et qui faisait défaut à l’audience, le ministère public veut l’entendre condamner à trois ans d’emprisonnement. Jugement le 17 janvier.