Brabant wallon

Les opposants au projet ont réalisé une chaîne humaine le long du tracé de la route.

Difficile d’estimer combien ils étaient tant les opposants au contournement nord de Wavre étaient nombreux ce dimanche après-midi à l’occasion de la chaîne humaine organisée à l’encontre du projet. On peut toutefois estimer qu’ils étaient plus de mille à s’être tenus la main le long du tracé de la route, sur quatre portions distinctes, en dehors des zones forestières. D’après la Plateforme contre le contournement nord de Wavre, à l’initiative de l’action, il fallait au moins 880 personnes pour relier toutes les portions de bout en bout.


Avant de former la chaîne, les représentants des douze associations membres de la plateforme ont rappelé les griefs qu’ils adressent à cette route de 3,5 km entre le zoning nord de Wavre et la N25 à Doiceau. « En plus d’être mégalo, coûteux et inutile, ce projet aura d’énormes impacts sur le milieu naturel, le paysage, le cadre de vie et le patrimoine, a déploré Julien Taymans, président de Natagora BW. Cette route traverse deux sites de grand intérêt biologique et en longe un troisième. Il se situe également à proximité immédiate du site Natura 2000 de la Vallée de la Dyle et détruira une partie des sources qui alimentent le marais de Laurensart (…) Cette route traverse une zone reconnue comme étant d’un grand intérêt paysager, il s’agit de la dernière zone préservée au abords de Wavre. » L'action a été prolongée par le No Way Festival, où se sont produits plusieurs artistes, dont le chanteur Konoba.


Pour rappel, ce dossier vieux de 40 ans franchissait une nouvelle étape en mai dernier : malgré les quelque 4 000 réclamations lors de l’enquête publique, la fonctionnaire déléguée du Brabant wallon confirmait l’octroi du permis d’urbanisme pour la construction de cette voirie, dont le coût est estimé à 27 millions d’euros. À la suite de cet octroi de permis, la commune de Grez-Doiceau, dont la majorité a changé à l’issue des dernières élections communales, a introduit un recours auprès du gouvernement wallon. Mais en date du 27 septembre dernier, le ministre de l’Aménagement du territoire Willy Borsus a rejeté le recours et a confirmé le permis.

Le collectif d’associations a déjà annoncé son intention d’introduire un recours au Conseil d’État, tout comme la commune de Grez-Doiceau qui soumettra son recours au vote du prochain conseil communal. Des riverains et des propriétaires terriens ont également manifesté leur intention de saisir la plus haute instance juridique du pays.