Le 17 mars dernier, une importante pollution était constatée sur le canal Bruxelles-Charleroi entre Ittre et Clabecq. Plusieurs tonnes d’hydrocarbures lourds se sont retrouvées dans le canal provoquant une pollution comme on en avait jamais vu sur le canal.

Rapidement, les soupçons se sont tournés vers la société NLMK, située à quelques pas de la pollution, mais ceux-ci s’en sont défendus, affirmant que la pollution viendrait peut-être d’une péniche qui avait coulé quelques jours auparavant et qui aurait pollué leur système.

Ce mardi, en commission parlementaire, les députés Laurent Heyvaert (Ecolo) et André Antoine (CDH) ont interpellé la ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier, afin de faire la lumière sur cette pollution sans précédent. Et le verdict est implacable : “De nouveaux contrôles ont été effectués le 24 mars et d’après les informations dont nous disposons, la cause probable de cette pollution viendrait d’une défaillance de l’unité de traitement des huiles issues du processus de production. Suite à ce contrôle, la société s’est engagée à tout mettre en œuvre et à collaborer dans la gestion de cette pollution.”

Pour André Antoine, ce “retournement” de veste pose question. “Dans un premier temps, NLMK a reporté la responsabilité sur un batelier mais je ne peux pas accepter qu’une société de cette importance désigne un autre coupable alors que leur responsabilité a été épinglée. Je propose de contrôler l’ensemble des installations de NLMK afin de vérifier qu’il n’y a pas d’autres causes potentielles.”

La demande a été entendue par la ministre Tellier qui a également fait le point sur les dégâts au niveau de la faune et de la flore aux abords du canal. “La faune piscicole n’a pas été affectée, affirme-t-elle. Plusieurs oiseaux mazoutés sont effectivement décédés mais il y en a moins de dix. Les autres ont été transférés vers le centre Birds Bay à Ottignies pour être soignés avant d’être transférés vers des centres spécialisés. Enfin, en ce qui concerne la flore, selon nos informations, il n’y a pas de problème et on ne retrouve pas d’espèces protégées sur les berges du canal.”

La ministre a également confirmé qu’un effarouchement était en cours tout comme il a été demandé aux riverains de mettre un peu d’eau à disposition des oiseaux afin qu’ils n’aillent pas se rafraîchir ou s’abreuver dans les eaux du canal qui sont toujours polluées. Il faudra encore de nombreuses semaines (mois) avant que le canal retrouve son aspect normal.