C’est une pollution sans précédent à laquelle doit faire face depuis quelques jours le canal Bruxelles-Charleroi entre Ittre et Clabecq. Mercredi dernier, le SPW était interpellé par le service incendie de Tubize pour une pollution aux hydrocarbures. Si dans un premier temps, on se dirigeait vers un dégazage d’une péniche, rapidement, on s’est rendu compte que l’incident était bien plus important.

La protection civile est arrivée sur place mais face à l’ampleur de la pollution, un marché public a été passé en urgence par le SPW pour désigner une entreprise spécialisée dans la dépollution des cours d’eau. Et depuis vendredi dernier, la société UDH ne ménage pas ses peines. “Plusieurs bateaux naviguent pour endiguer cette pollution, confirme Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW. On peut parler d’une pollution d’une grande ampleur.”

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Une pollution dont l’origine serait à trouver du côté de l’usine NLMK, située à quelques encablures. “Dans un premier temps, ils ont affirmé que cela ne venait pas de chez eux et que tout était en ordre de leur côté. Mais voyant que la pollution perdurait, nous avons investigué. Nous sommes retournés sur place et là, ils ont reconnu qu’il y avait un problème avec un système dont l’équipement serait défaillant.”

Heureusement, pour le moment, on ne déplore que peut de mortalité du côté des poissons alors que les riverains parlent de deux ou trois oiseaux, peut-être des cormorans, qui auraient perdu la vie. Par contre, ce qui est certain, c’est que l’amende s’annonce salée pour NLMK si l’usine est reconnue coupable. “Nous sommes en train de rédiger les PV, confirme Nicolas Yernaux. On parle d’une astreinte de 25 000 euros par heure de fermeture de la navigation. À cela, il faut aussi ajouter l’amende ou encore les frais de dépollution.” Sans oublier les dégâts collatéraux qui ont touché, par exemple, les bateliers, incapables de faire leur travail à cause de la fermeture de la navigation pour éviter que tout le canal ne soit infecté par cette pollution.

NLMK estime que la pollution provient d'une péniche

Pointée du doigt, la société NLMK a rapidement mis tout en œuvre pour dépolluer le canal. “Quand nous avons été mis au courant de cette pollution, nous avons prêté notre assistance et travaillé sur le terrain pour limiter l’impact, explique Maurine de Rémont, porte-parole de NLMK. Un système de pompage d’eau a été mis sur pied tout comme des barrages flottants et des échantillons ont été prélevés.”

Ceux-ci sont actuellement à l’analyse mais du côté de la société, aucune fuite n’a, pour le moment, été détectée. “Nous avons effectué plusieurs contrôles mais aucune perdition n’a été détectée par nos systèmes. Néanmoins, nous continuons nos investigations. Des experts qui sont venus sur place privilégient une autre thèse. La semaine dernière, une péniche d’habitation a coulé. Notre système de filtration d’eau aurait lui-même été contaminé. En quelque sorte, nous aurions aspiré la pollution de la péniche et pollué notre système interne.”