Les autorités communales de Tubize étaient-elles au fait de cette affaire de cadastre de l'échevin Michel Picalausa bien avant qu'elle n'éclate cette semaine ? De nouvelles révélations de nos confrères de la RTBF sèment le doute.

Pour rappel, il est reproché à l'échevin tubizien de ne pas avoir enregistré au cadastre la maison qu’il a fait construire à Tubize il y a quinze ans. L’intéressé a reconnu les faits et dit avoir entamé la procédure de régularisation l’an dernier. Ce qui n'a pas empêché les instances socialistes communale et provinciale de lui demander sa démission, qu'il a acceptée.

Pourtant, en 2014 déjà, un agent communal engagé en tant qu’indicateur expert avait attiré l’attention des autorités communales à ce sujet. Comme le veut la procédure, celui-ci a préparé un courrier à envoyer à l’échevin pour l’inviter à régulariser sa situation et l’a soumis au bourgmestre et au directeur général pour approbation. Mais cette lettre n’a pas été validée. "Il y avait une faute dans l’adresse donc le courrier est revenu au service, explique Étienne Laurent, le directeur général de l’administration communale. Ça arrive régulièrement que le bourgmestre renvoie des courriers car il y a une erreur sur la forme."

Le bourgmestre de Tubize confirme avoir retourné le courrier au service pour un problème de forme mais dit ne pas avoir pris connaissance des irrégularités. "Ce n’était pas mentionné dans le courrier", affirme Michel Januth. Mais ce document, une fois renvoyé au service, n’a pas été corrigé et n’a jamais été envoyé à l’échevin. Le directeur général et le maïeur ignorent pourquoi ce courrier n’est jamais remonté jusqu’à eux.

L'adresse du courrier, que nous avons pu consulter, est pourtant bien celle de Michel Picalausa. Pour ce qui est de la parcelle cadastrale, c'est par contre moins clair et il pourrait y avoir eu confusion.

Interrogé sur la question, le maïeur tubizien imagine une erreur d’interprétation dans le chef de l’agent venu en renfort du service cadastral. "On ne lui a pas dit de ne pas envoyer le courrier mais de le corriger, affirme Michel Januth. Je ne sais pas ce qu’il a compris. S’il ne l’a pas corrigé, c’est une faute dans son chef. Ma responsabilité n’est en rien engagée là-dedans."

Notons que cet agent indicateur a été licencié en 2016 mais, d’après la Ville, “les faits reprochés n’avaient rien à voir” avec cette affaire.