Début décembre, le groupe Everland s’est vu délivrer par la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve un permis d’urbanisme pour son projet d’hôtel haut de gamme au sein du château de Limelette. Un permis assorti de conditions, notamment l’interdiction de diffuser de la musique amplifiée et d’utiliser les salles de séminaires après 22 heures. Mais ces précautions n’ont pas permis d’apaiser les craintes des riverains, qui ont décidé d’aller en recours auprès du ministre en charge de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus. Au total, une dizaine de riverains ont envoyé des recours individuels ainsi qu’une association, “Les Amis du Bois de Lauzelle”, composée d’habitants du quartier.

Dans le recours de l’association, l’avocat pointe le fait que le permis évoque à plusieurs reprises l’étude d’incidences sur l’environnement, alors qu’une telle étude n’a pas été réalisée (et n’était pas nécessaire selon la fonctionnaire déléguée) mais bien une notice d’évaluation des incidences sur l’environnement (qui est une étude moins poussée). Cette confusion, estime Me Denis Brusselmans, démontre que les instances consultées n’ont pas suffisamment apprécié les impacts du projet sur l’environnement.

Les impacts sur l'environnement sous-estimés ? 

L’avocat estime par ailleurs que le choix de se passer d’une étude d’incidences n’est pas suffisamment justifié et qu’une telle étude aurait été appropriée vu les incidences potentielles du projet sur le site, situé à proximité immédiate d’une zone Natura 2000. Il ajoute que l’étude sur la mobilité a été réalisée par un bureau d’études sur demande du promoteur, et non dans le cadre d’une étude d’incidences sur l’environnement, et remet donc en cause l’objectivité de ses conclusions.

Enfin, l’avocat souligne que le permis n’évoque pas les aménagements prévus pour prévenir le risque d’incendie et ne propose pas de solutions pour répondre aux conditions émises par la zone de secours dans son rapport. “ Il s’agit manifestement d’un oubli, d’autant plus inacceptable que cet aspect du projet est reconnu comme susceptible de générer des nuisances ‘les plus significatives’ d’après les fonctionnaires technique et délégué ”, souligne-t-il.

Le ministre suivra-t-il les arguments ?

Les riverains espèrent que les arguments feront mouche auprès de l’administration régionale et du ministre Borsus, qui ont désormais trois mois pour statuer. “ On compte sur le ministre pour faire respecter les outils urbanistiques , lance Anne-Valérie Michaux, membre de l’association de riverains. Des outils de planification urbanistique existent et on foule tout ça du pied, sans aucune justification. On espère un examen sérieux de la situation par la Région. On pense que si on analyse les choses de manière objective et sérieuse, on ne peut pas autoriser ce projet, tel qu’il est présenté aujourd’hui. Sauf si on considère que tous ces schémas et plans ne servent à rien .”