Dans son avis, la Région n’a jugé pertinent aucun des arguments des riverains.

Le dossier du car-wash du RULO a connu une avancée significative. La Région wallonne s’est presque exclusivement prononcée en faveur de ce projet urbanistique mixte qui mêle commerces, logements mais aussi et surtout un car-wash de type tunnel. Source et cible de toutes les tensions actuelles. Seul le pompage dans la nappe phréatique a finalement été refusé. Un avis que la commune de Lasne a décidé de suivre dans son intégralité, au grand dam des riverains.

"C’est aberrant ! s’exclame le comité de quartier opposé au car-wash. 171 avis de riverains opposés au projet ont été déposés dans ce dossier. Bilan : aucune des remarques n’a été prise en compte, ni par la Région ni par la commune. Pourtant, 9 habitations vont se retrouver à moins de 50 mètres de ce car-wash…"

Et il est vrai que parmi les arguments avancés par les riverains, ni les nuisances sonores ni les problèmes de mobilité ou de sécurité routière ni l’absence d’étude d’incidences ou encore les questionnements quant au possible conflit d’intérêts, n’ont été jugés pertinents par les fonctionnaires technique et délégué du SPW. "La Région n’a prescrit qu’une seule condition, en plus de l’interdiction de pomper dans la nappe phréatique, continue le comité. Qu’au maximum un m³ d’eau polluée soit rejeté par jour. Ce qui représente 40 voitures par jour au maximum. On ne voit pas comment le car-wash pourrait être rentable de cette façon ! Mais dans un autre côté, on voit mal comment des contrôles sérieux seront mis en place. Avec le spectre de voir 200 voitures défiler tous les jours."

Bref, une condition qui alimente l’espoir des riverains… tout autant qu’elle les interpelle.

"Il existe effectivement cette condition théorique d’un m³ d’eau polluée rejeté au maximum par jour, explique Laurence Rotthier, la bourgmestre lasnoise. Il faudra voir ce que les demandeurs prévoiront comme mesure pratique pour mesurer cette quantité d’eau rejetée. Mais la commune ne peut pas se prononcer là-dessus."

En attendant, le comité de riverains ne compte pas en rester là. Un recours devant le ministre de l’Environnement devrait être introduit, avant un autre éventuel devant le Conseil d’État.