Fin 2018 et début 2019, plusieurs membres de la famille de Jean-Claude Logé, ancien patron de Systemat et manager de l’année en 1995, ont été intimidé par de courageux anonymes. Des véhicules ont dégradés à deux reprises à Lasne durant la nuit, les pneus ont été crevés, de l’acide répandu sur les carrosseries… Des appels téléphoniques inquiétants ont également été reçus par l’ex femme de l’homme d’affaire et par son fils.

Un homme leur demandait de payer au plus vite 380.000 euros qu’ils devaient à l’ancien patron de Systemat, sous peine de graves ennuis: maisons brulées, membres brisés, enlèvement des petits-enfants à qui ont promettait de couper les doigts…

Un ancien associé de Logé a également reçu la visite de deux hommes de main, venant récupérer des livres de compte avec une insistance toute particulière. Derrière ces expéditions, on trouve le même homme: Alain Z, de Uccle, qui a recruté une petite équipe dans laquelle figurait Claude G, un Bruxellois déjà condamné à vingt ans en cour d’assises.

D’après Alain Z, il agissait sur ordre de Jean-Claude Logé. Ce dernier était dès lors poursuivi en correctionnelle, aux côtés de ses « petites mains », pour tentative d’extorsion, menaces et harcèlement. Il était venu clamer son innocence sur le banc des prévenus, affirmant que les autres avaient agi d’initiative, et qu’il n’était au courant de rien.

Ce n’était pas l’avis du ministère public, et ce n’est pas l’avis non plus du tribunal, qui a rendu son jugement mercredi. Jean-Claude Logé écope de quarante mois d’emprisonnement assortis, vu son absence d’antécédents, d’un sursis probatoire total. Alain Z prend deux ans avec sursis et sa voiture, qui avait servi lors des « expéditions », est confisquée.

Quant à Claude G, qui n’a plus droit à la moindre mesure de faveur et était l’auteur des coups de fil anonymes menaçant, il est condamné à deux ans de prison ferme.