Bien qu’il n’ait pas encore 30 ans, Toufik M. a déjà passé neuf ans de sa vie derrière les barreaux, notamment pour avoir commis plusieurs vols avec violence. En mai 2018, c’est à la prison d’Ittre qu’il purgeait une peine mais il pouvait bénéficier de congés pénitentiaires. Pas dans des conditions correctes à son avis, et il ressentait cette situation comme injuste.

Alors le 19 mai, lorsqu’il a réintégré l’établissement, il était énervé. Les agents, eux, le soupçonnaient d’avoir planqué des stupéfiants dans son caleçon et l’ont donc emmené pour pratiquer une fouille. Toufik a confessé par la suite avoir vu rouge lorsqu’on l’a informé de cette mesure.

Il ne s’est pas laissé faire, a bousculé les gardiens, explosé un paravent en bois et finalement, les agents pénitentiaires ont dû se mettre à cinq ou six pour le maitriser. Ils ont réussi mais deux d’entre eux ont été blessés, dont un très sérieusement: il gardera une incapacité permanente de travail de 3% suite à cette scène violente.

La scène a été filmée par les caméras de vidéosurveillance et l’intéressé n’a pas nié avoir porté des coups, assurant qu’il n’en voulait pas à un gardien en particulier, mais que c’était la situation qui l’avait fait réagir de cette manière.

Après avoir assisté à une audience en septembre dernier, il ne s’est plus présenté il y a un mois lorsque le fond du dossier a été examiné. Le ministère public a souligné que ce prévenu, compte tenu de ses antécédents, n’avait plus droit au sursis simple et a requis une peine d’emprisonnement ferme.

Le tribunal a suivi : il inflige quinze mois d’emprisonnement.