Condamné à 15 ans d’emprisonnement en 2015 pour parricide, un jeune habitant de Braine-le-Château n’a pas le profil d’un grand criminel. C’est surtout un grand naïf et lors de son séjour à la prison de Nivelles, en 2016, il a révélé aux autres détenus qu’il venait de toucher un héritage intéressant.

Sachant qu’il avait désormais de l’argent, quelques caïds en ont profité. Le prix du joint a singulièrement augmenté pour lui mais surtout, le jeune homme a subi de fortes pressions pour verser de l’argent à ceux qui prétendaient le « protéger »: il a dû faire une série de versements, parfois de plus de 1.000 euros.

Les « dons » entre détenus sont interdits mais les montants arrivaient sur les comptes des compagnes des prisonniers. Avertie, la direction de la prison a pu bloquer certains versements en cours et a transféré la victime dans un autre établissement avant de commencer les interrogatoires, afin d’éviter les représailles.

Il y a un mois, sept personnes ont été citées devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon pour ces faits qualifiés d’extorsion. On trouvait notamment parmi ceux-ci Orlando Leblond, qui a déjà écopé à Liège de 16 ans d’emprisonnement pour une série de braquages, et de 20 ans infligés en 2013 par la cour d’assises du Hainaut pour prise d’otages, homicide, tentative d’homicide…

A l’audience, l’homme a clamé son innocence. Comme les autres prévenus, il affirmait que la victime lui avait donné certaines sommes par gentillesse, parce qu’il le protégeait contre d’autres prisonniers aux intentions moins louables…

Le tribunal n’y a pas cru: lundi, Orlando Leblond a écopé de 20 mois d’emprisonnement ferme dans ce dossier. Bekin B, et Outman E. prennent 18 mois, et Najim B, décrit comme le plus violent envers la victime, est condamné à deux ans de prison. Le tribunal a également condamné deux femmes de détenus qui ont reçu l’argent sur leur compte bancaire: un an avec sursis pour l’une, 150 heures de travail pour l’autre.