C’est un dossier un peu spécial que le tribunal correctionnel avait examiné en juin dernier. Un nonagénaire domicilié à Ramillies devait s’expliquer sur des faits graves, les préventions retenues évoquant un fait de détention arbitraires, des coups et blessures, des menaces ainsi que du harcèlement.

Deux filles de cet habitant de Ramillies s’était résolue à déposer plainte contre leur père, en septembre 2018, en expliquant aux autorités le véritable enfer vécu par le mère. Contrôlée en permanence par un mari autoritaire, elle ne recevait de l’argent qu’au compte-goutte, ne pouvait plus voir ses filles et un cadenas à l’entrée de la propriété l’empêchait de sortir à sa guise.

Le prévenu était accusé d’avoir frappé une de ses filles à coup de canne, un jour qu’elle voulait venir voir sa mère et avait bravé l’interdiction paternelle.

La police est allée sur place et les agents se sont retrouvés face à quelqu’un de convaincu de son bon droit. Rigide, l’homme estimait que c’était à lui de décider qui pouvait entrer chez lui, et si sa femme pouvait sortir. Présenté à un juge d’instruction vu la caractère inquiétant de la situation, le nonagénaire a précisé que sa femme était geignarde et que s’il avait frappé sa fille, c’est qu’il s’était défendu alors qu’elle était entrée chez lui…

Son épouse est décédée depuis mais le ministère public avait requis dix mois de prison avec sursis à l’encontre du vieillard.

La condamnation ne tombera jamais: mardi, les filles du prévenu étaient à nouveau devant le tribunal, pour confirmer que leur père était décédé depuis la dernière audience. L’action publique est donc éteinte. Reste le volet civil mais les filles étant les héritières de leur père, elles ont fait acter leur désistement.