Brabant wallon Malgré les rumeurs et trois recours, le projet de 9 éoliennes sera maintenu.

Voilà plus de 10 ans maintenant que le dossier défraie la chronique : la société Eneco souhaite implanter des éoliennes dans la plaine de Boneffe, près de Ramillies. Un endroit calme, à la vue (très) agréable et où l’ornithologie a une place de choix.

Alors forcément, le dossier coince. Demande de permis, obtention, recours au Conseil d’État… on ne compte plus les procédures entreprises pour implanter les éoliennes.

Au départ, le dossier prévoyait 16 éoliennes, puis 13 et maintenant, 9, dont une à destination citoyenne. À chaque dossier introduit, la commune de Ramillies d’une part, des citoyens regroupés avec l’ASBL Plaine de vie et Natagora, de l’autre, introduisent un recours au Conseil d’État qui, jusqu’à présent, leur a toujours donné raison.

Le dernier permis en date, octroyé par le ministre Di Antonio, a fait l’objet de deux nouveaux recours des protagonistes habituels. Mais ce qui embête profondément la société Eneco, c’est l’arrivée dans le dossier d’un nouvel intervenant de taille puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de la Défense !

L’armée voit en la plaine de Boneffe une zone propice et déjà utilisée régulièrement pour, entre autres, des exercices militaires, dont du dropping.

Du côté d’Eneco, Arnaud Janvier ne cache pas son désappointement. "Voilà 10 ans que le dossier s’éternise et subitement, l’armée y apparaît alors qu’au départ, c’est plutôt elle qui incitait à cibler cette zone délaissée , explique-t-il. Nous ne comptons toutefois pas abandonner le projet, loin de là. Nos actionnaires commencent pourtant, je le reconnais, à s’impatienter."

Il faut dire qu’Eneco a déjà investi près de 900 000 € dans le projet et que rien n’a encore avancé. "Mais le message est clair, nous n’abandonnerons jamais Boneffe, nous avons trop dépensé d’énergie et de moyens pour laisser tomber. On attend par contre une action politique comme il se doit. Voilà trop longtemps que le dossier traîne, il est temps que les autorités prennent cela en main !"

À toutes les personnes qui, du côté de Ramillies, espéraient que le retrait des installations provisoires et du matériel d’Eneco signifiait l’abandon du projet par la société, il y a lieu de déchanter. "Nous avons d’autres chantiers dans les environs, il est inutile de laisser notre matériel à Ramillies à ce stade, il sera utilisé ailleurs, à Liernu notamment, où un chantier débute !"