Après la marche arrière enclenchée par la ministre Galant, les élus du Brabant wallon ne savent plus quoi penser

Au lendemain de la confirmation, par la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), de l’arrêt des travaux du RER, la consternation était, hier, quasiment unanime au sein des élus politiques du Brabant wallon. "Énorme gâchis, honteux", lançait le bourgmestre de Rixensart, Jean Vanderbecken (MR), alors que le PS parlait "d’enterrement de première classe pour le RER". Le CDH, lui, déplorait que "885 millions d’euros aient été investis avec l’argent des contribuables, et que des dizaines de familles aient été expropriées. La décence empêche de leur dire que c’est en pure perte".

Mais hier après-midi, nouveau rebondissement. Le sénateur Jean-Paul Walh se fendait d’un communiqué : la mise à quatre voies du RER aura bien lieu ! "J’ai pris contact avec le Premier ministre, Charles Michel", nous a-t-il confié, précisant que les difficultés rencontrées actuellement pour le financement du RER sont dues à des choix du passé. "La situation est très complexe mais le Premier ministre est catégorique : les travaux du RER iront bien à leur terme. Il est hors de question d’abandonner une seule partie de ce qui était prévu dans l’accord gouvernemental pour le passage à quatre voies . Des moyens alternatifs de financement seront trouvés . Il est hors de question de parler d’une mise au frigo du RER."

Quelques heures plus tard, la ministre Galant se fendait, elle aussi, d’un communiqué (lire page 6), confirmant les dires de Jean-Paul Walh. "On frise l’amateurisme", déplore Philippe Matthis, chef de file du CDH Brabant wallon à la Province, dénonçant une communication "hasardeuse et désastreuse" du gouvernement fédéral. "Je suis cependant soulagé qu’au vu du tollé généré, le gouvernement fasse demi-tour. Mais je suis désormais comme Saint-Thomas dans ce dossier : je ne crois plus que ce que je vois."

Même topo dans le chef du député fédéral Marcel Cheron. "J’accueille la nouvelle avec stupéfaction et incompréhension", confie-t-il. "J’étais présent, mardi, en commission des Infrastructures et j’ai bien entendu ce qu’a dit Jacqueline Galant. Aujourd’hui, je reste très méfiant face à la succession des contradictions au sein de ce gouvernement. La zone RER est stratégique en matière de mobilité et la mise à quatre voies des lignes 124 et 161 est impérative. Je reste très prudent même si le Premier ministre a désormais engagé sa parole, et celle de son gouvernement avec lui."

Enfin, côté socialiste, le président de la fédération PS du Brabant wallon, Dimitri Legasse, s’est dit ravi de ce retournement de situation. Mais lui aussi attend de voir ce qu’il adviendra avant de trop vite se réjouir. "Un jour, le gouvernement dit blanc. Le lendemain, il dit noir. Ce qui est dit un jour est contredit le lendemain. J’espère désormais que la décision est définitive et qu’on ne refera pas machine arrière dans trois mois car le dossier est très important pour Bruxelles et le Brabant wallon."

Restent des interrogations quant au financement, alors que la ministre Galant précisait que le fonds RER était quasiment vide mardi. "Le gouvernement devrait aller demander un prêt à la Banque européenne d’investissement", propose Philippe Matthis. "Je suis certain qu’ils l’obtiendront."

Y. N.