L’emploi de 77 ouvriers et 5 employés en péril : une nouvelle procédure Renault.

L’annonce a été faite par la direction vendredi et si le personnel est à son poste, les ouvriers sont sous le choc chez CP Bourg. C’est pratiquement toute la production qui est péril : 72 ouvriers sur les 98 que compte l’usine active dans la fabrication de matériel d’impression pourraient perdre leur emploi. Cinq postes d’employés sont également menacés.

L’idée est de garder à Ottignies la recherche et développement (R&D), les commerciaux, l’assemblage de pièces fabriquées ailleurs, la validation et l’expédition.

“On se doute que l’essentiel de la production va être délocalisé vers un pays européen à bas coût”, râle un représentant du personnel.

Côté syndical, on dit ne pas comprendre. En septembre 2016, CP Bourg avait annoncé une restructuration qui a déjà touché une septantaine de personnes. Direction et syndicats avaient alors planché sur un plan financier et industriel destiné à assurer la pérennité de l’usine, et le tout a été mis en oeuvre à partir de janvier 2017.

“En septembre 2019, le rapport de gestion fait au conseil d’administration ne disait rien des difficultés et aujourd’hui, on nous sert les mêmes justifications qu’en 2016, dénonce Lahoucine Ourhribel, le secrétaire permanent CSC Metea. Un marché du papier en chute, un environnement très concurrentiel, les grands fabricants d’imprimantes qui restructurent… Mais on savait, tout ça : il n’y a rien de neuf. Le plan n’a pas été implémenté !”

Une première réunion avec la direction s’est tenue hier après-midi, lançant la première phase de la procédure Renault sur le licenciement collectif. Un calendrier a été convenu, avec notamment une prochaine rencontre le 25 novembre.

Les syndicats annoncent qu’ils ont beaucoup de questions à poser, se demandant quel élément a vraiment déclenché cette deuxième restructuration. Ils affirment que les bâtiments et les terrains ont été sortis de la SA CP Bourg l’an dernier, et versés dans une société immobilière. Ils se demandent aussi si la Sogepa, qui a mis de l’argent dans l’entreprise, peut cautionner une délocalisation de la production à l’étranger…