Brabant wallon Le ministre de la Mobilité Henry ne s’est pas penché sur le dossier Sagrex mais s’est montré ouvert à des études au cas par cas.

On attendait des précisions du ministre de la Mobilité Philippe Henry (Ecolo) hier en commission de la mobilité après sa sortie d’il y a quelques jours concernant la volonté du gouvernement wallon d’abandonner six projets autoroutiers, en faveur des tronçons existants et de la mobilité douce. Il n’en fut rien.

C’est que parmi les projets cités - ou plutôt divulgués par son administration - il était question de Rebecq. Or le seul projet d’autoroute porté à la connaissance de l’ancien bourgmestre Dimitri Legasse, c’est un vieux dossier de liaison entre le R0 à Haut-Ittre et l’A8 à Quenestine. Certains citoyens se sont alors demandé s’il ne s’agissait pas plutôt de la fameuse route de Montagne. Bien qu’elle n’a rien d’une autoroute, la route correspond à la description donnée par le ministre dans sa réponse à un mail du comité de quartier "Le Pavé".

Le ministre parle en effet d’une liaison entre la N6 et l’A8 via la route industrielle, tel que repris dans le plan infrastructures 2019-2024. Et le tracé proposé par Sagrex pour remplacer la drève Léon Jacques permet bel et bien d’établir une liaison directe, via la route industrielle, entre la N6 et l’A8. Le gouvernement parle-t-il bien de la route de substitution ? Le projet serait-il abandonné, malgré l’ouverture de voirie acceptée par le conseil communal ?

Toutes ces questions sont malheureusement restées lettre morte lundi, malgré la question du Tubizien Laurent Heyvaert (Ecolo). Et ce fut le cas de bon nombre de questions de parlementaires, également préoccupés par l’annonce d’abandons de projets autoroutiers. "Je ne discute pas des problèmes de mobilité évoqués localement mais notre intention est bien de ne plus étendre le réseau routier, a rappelé Philippe Henry. Je sais qu’il y a eu, pour la plupart des projets, des études voire des morceaux de travaux réalisés, mais on est dans un continuum. Si on se dit que, parce qu’il y a eu une étude ou des travaux entamés, il faut poursuivre, on ne changera jamais d’approche. Bien sûr, il y aura une analyse au cas par cas dans les dossiers. Il y a une nécessité de le faire parce qu’il y a des problèmes réels."

Malgré la demande répétée du député tubizien de préciser le projet rebecquois concerné, le ministre wallon n’en a pas dit davantage.

Le ministre invité à faire une visite de terrain

Petit moment de tension en commission de la Mobilité ce lundi après-midi. Au moment de répliquer à la réponse du ministre Philippe Henry, Laurent Heyvaert (Ecolo) a demandé plus de précisions en ne manquant pas d’adresser une petite pique à son collègue Dimitri Legasse (PS), aussi présent dans l’hémicycle.

"Je voudrais que vous confirmiez qu’il s’agit bien de la route de Montagne pour une meilleure compréhension de M. Legasse qui posait la question, a-t-il souri. J’invite tous les acteurs locaux à repartir d’une page blanche. Depuis le début, les habitants dénoncent les méthodes de travail pour la conception de cette route. Il y a eu un déni démocratique, peu avant les élections, le tracé a été présenté aux conseillers communaux qui ont dû signer une clause de confidentialité, ce qui a empêché tout débat."

Cité nommément, Dimitri Legasse a tenu à réagir. "Je voudrais profiter de mon droit de réponse pour encourager le ministre à venir sur place, puisqu’il est ouvert au dialogue, et à analyser la situation au cas par cas. Il s’agit d’une substitution à une voirie et il s’agit d’une zone d’activités économiques et d’une grosse société qui est indispensable pour la sous-région."