Vendredi dernier, les associations Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Au Bonheur Animal et Les Poilus du Blé ont réalisé une saisie qu’ils ne sont pas près d’oublier. Elles sont intervenues pour porter secours à 16 moutons dans “un état lamentable” dans une ferme située à côté de l’école maternelle de Tangissart, à Court-Saint-Etienne. Une ferme qui avait déjà fait parler d'elle, en mars 2020, lorsque des vaches mortes gisaient sur le trottoir.


La saisie du cheptel a été imposée à la propriétaire à la suite d’un contrôle ayant permis de mettre en lumière les conditions de vie qualifiées de “désastreuses” de ces animaux. D’après les associations, les moutons étaient livrés à eux-mêmes dans deux remises attenantes à la maison. Ils étaient emprisonnés dans l’obscurité, sans possibilité de s’abreuver ni de s’alimenter. “C’était une vision d’horreur, je n’ai jamais marché dans autant de fumier, explique Sophie Locatelli, vice-Présidente d’Animaux en Péril. Il n’y avait vraiment plus un brin de paille, on s’enfonçait dans les déjections.”

Les brebis et les béliers se trouvaient dans un état de maigreur aigu et présentaient des parasites internes, engendrant ainsi des diarrhées chez tous les animaux saisis. La toison des animaux était également en piteux état, attaquée par des formes sévères de parasites. “Une brebis pleine a été placée sous perfusion car elle était très mal, poursuit la vice-présidente. Mais elle a perdu sa portée vu son état. À un jour ou deux près, elle serait morte elle aussi.” Les seize moutons, en état d’hypothermie à leur arrivée au sein des refuges, ont ainsi pu être pris en charge par les différents refuges.

Sophie Locatelli précise que la propriétaire était suivie depuis longtemps par ses services. Lors de la saisie, celle-ci n’aurait pas émis le moindre remord. “La propriétaire est dans le déni et ne se rend pas compte que ses animaux manquent de soins.”

L’autorité a maintenant deux mois pour confirmer que les animaux seront confiés aux refuges qui les ont pris en charge. Un procès-verbal a été dressé pour infraction au code wallon du bien-être animal. La propriétaire pourra être poursuivie au pénal ou administrativement. Si le parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer la propriétaire devant le tribunal correctionnel.