Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a condamné jeudi un ancien habitant de Wavre, né en 1983, à sept ans d'emprisonnement ferme. L'homme était poursuivi pour le viol de sa fille adoptive, les faits ayant commencé alors que la victime était âgée d'une douzaine d'années. Alors que celle-ci a évoqué des abus pratiquement quotidiens, le prévenu niait tout et, à l'audience, se disait "outré par les accusations". Dans son jugement, le tribunal souligne le manque total de remise en question de l'intéressé et l'emprise qu'il exercait sur la jeune fille, n'hésitant pas à utiliser la manipulation. En mars 2017, l'adolescente avait eu le courage de confier à sa mère que depuis deux ans, lorsqu'elle était absente, son père en profitait pour entretenir des relations sexuelles complètes avec elle. Elle était revenue sur ses propos, sans doute effrayée par les conséquences du dévoilement des faits, mais ses amies à qui elle s'était également confiée, l'ont convaincue de rencontrer une psychologue et de se confier totalement.

Une plainte a dès lors été déposée et une audition vidéofilmée a permis à la jeune victime de fournir une série de détails que les enquêteurs ont pu corroborer. Les policiers ont retrouvé divers messages SMS que le prévenu avait tenté d'effacer. Des photos du sexe du prévenu, envoyées par lui, ont également été retrouvées sur une tablette utilisée par la victime. Il est apparu que le prévenu avait également envoyé des messages à une amie de sa fille, adolescente elle aussi, pour lui proposer un "plan à trois".

A la suite d'une perquisition, la police a également trouvé dans l'ordinateur du prévenu des fichiers pédopornographiques qu'il avait téléchargés via le logiciel eMule. Le prévenu, qui a déménagé dans la région de Liège et fondé une nouvelle famille, a expliqué à l'audience qu'il s'agissait d'un téléchargement involontaire. Il a nié toutes les accusations portées par sa fille, se disant "outré et fatigué" de tout cela.

Le jugement rendu jeudi matin, lui, estime que les explications du prévenu ne sont pas crédibles. Il relève aussi l'emprise et le "contrôle total" que l'intéressé exerçait sur sa fille, ainsi que son absence totale de remise en question. En plus d'être sanctionné par sept ans d'emprisonnement, le prévenu est privé pour dix ans de ses droits civils et politiques.