Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a condamné jeudi Alain B., un habitant de Nivelles né en 1966, à une peine de sept ans d'emprisonnement ferme. L'intéressé était poursuivi pour des faits de moeurs commis à l'encontre de trois mineures d'âge de sa famille, entre 2005 et 2018. 

Lors de son interrogatoire d'audience, l'homme avait laissé une impression à ce point négative que le ministère public, qui envisageait initialement une peine assortie d'un sursis partiel, avait changé son fusil d'épaule. En effet, alors qu'il était globalement en aveu lors de l'enquête et qu'il s'était prêté dès 2016 à un suivi psychologique, le prévenu a fortement minimisé les faits lorsqu'il a été interrogé par le tribunal. Il a sous-entendu que les victimes étaient demandeuses de certains "jeux", que les caresses imposées aux enfants étaient des gestes d'affection, et que c'était une des fillettes qui avait demandé de garder le secret sur les gestes qu'il posait.

Lorsque le tribunal interloqué par ces réponses a demandé au prévenu ce qu'il retenait de son suivi psychologique, le Nivellois a répondu qu'il avait compris qu'il était trop gentil avec les autres, et qu'il ne savait pas dire non...

"Je dois vous avouer que jusqu'à ce matin avant l'audience, comme il est rare dans ces matières d'avoir des aveux et un prévenu qui entame un suivi psychologique de manière spontanée, je comptais demander cinq ans de prison avec un sursis probatoire", avait alors déclaré la substitute, avant de réclamer huit ans d'emprisonnement et une mise à disposition du tribunal d'application des peines vu l'état d'esprit de l'intéressé à l'audience.

Le jugement rendu jeudi, qui inflige une peine de sept ans de prison et une interdiction pour 10 ans d'exercer des activités mettant le prévenu en présence de mineurs d'âge, souligne la minimisation des faits par le Nivellois et la nécessité de protéger la société.