Une fois n’est pas coutume, les opposants au projet éolien sur la plaine de Boneffe ont introduit de nouveaux recours au Conseil d'État contre le récent permis accordé à Eneco. Le producteur d’électricité tente depuis douze ans de faire sortir de terre neuf éoliennes de 150 mètres de haut sur la plaine de Boneffe, à cheval sur les communes d’Eghezée (province de Namur), Ramillies et Orp-Jauche. Il a reçu un septième permis mi-février de la Région.

Les riverains de l’association Plaine de Vie et Natagora ont signé vendredi leur septième recours. Il s’agit en fait de trois recours : en annulation, en suspension et en suspension d’extrême d’urgence. Ils reprochent à Eneco d’avoir repris le chantier, alors que la société aurait dû attendre deux semaines à partir de la notification aux communes de la reprise des travaux.

Malgré l’avis favorable du DNF, les opposants restent convaincus de la menace que représente le projet éolien sur les espèces animales de la plaine. "Les campagnes sont à la merci de tous les promoteurs qui veulent installer des éoliennes, estime Sébastien Lhôte, membre de l’association Plaine de Vie. La plaine de Boneffe présente des intérêts par rapport à l’avifaune, et représente un refuge pour les oiseaux migratoires et en voie de disparition. Elle accueille des oiseaux menacés comme les busards cendrés et les vanneaux huppés. Certes, le DNF a rendu un avis favorable mais son argument de dire que les nouvelles mesures compensatoires sont désormais telles que l'impact sur l'avifaune devient négligeable ne tient pas la route."

Les associations espèrent que la plus haute instance juridique du pays rendra un arrêt qui fera jurisprudence dans le développement éolien.