S’il existe plusieurs hôtels à Louvain-la-Neuve, il n’y avait plus d’hôtel à Ottignies. Ce constat appartient désormais au passé : ouverte depuis juin, la Villa Monceau a été officiellement inaugurée ce lundi.

Lové dans le parc de l’Étoile, au sommet de la Montagne du Stimont, ce petit hôtel de six chambres est logé dans l’ancienne demeure de l’un des pères fondateurs de la cité universitaire, le comte Yves du Monceau de Bergendal qui fut, de 1958 à 1988, bourgmestre d’Ottignies, devenue Ottignies-Louvain-la-Neuve en 1977.

Cette bâtisse au toit de chaume, inoccupée depuis quelques années, attendait de sortir de sa léthargie. Et c’est donc via la création d’un hôtel trois étoiles et d’un restaurant, À la lisière, ouvert, lui, le 8 mai, qu’elle revit. “Ce projet, c’est une histoire humaine, celle de deux familles qui se rencontrent, une avec un patrimoine à valoriser, l’autre avec un savoir-faire qu’elle voulait partager, explique le chef de cuisine et gérant, Laurent Oyen. Il a fallu cinq années pour y arriver. Il y a aussi eu ce satané virus. Mais au final, il nous a boostés.”

Cédric du Monceau, un des enfants de l’ancien bourgmestre et actuel président du conseil communal, n’était pas peu fier d’accueillir, en compagnie de son épouse Victoria, les visiteurs en ce jour d’inauguration. Avec l’enthousiasme débordant qu’on lui connaît, il a pris plaisir à faire visiter les lieux dont la chambre bleue qui était la sienne quand il était enfant, même si, pour accueillir des hôtes, elle a subi pas mal de transformations.

“Un petit hôtel mais un lieu puissant”

Six chambres, c’est le minimum légal pour être reconnu comme hôtel. Mais si c’est un très petit hôtel, c’est un lieu puissant car chargé d’histoire et de charme”, a-t-il témoigné, rappelant que cette maison fut un lieu de réception, son père y ayant accueilli du très beau monde.

© EdA

Il a aussi salué le courage du gérant et de son épouse Audrey qui “n’ont pas baissé les bras” et qui “l’ont convaincu ainsi que onze autres actionnaires de ne pas se laisser abattre par la sinistrose actuelle”.

Et Laurent Oyen de souligner que “vu la situation sanitaire, nous n’avions pas d’ambition pour cette année. Mais on a été agréablement surpris car on a cartonné cet été grâce aux touristes belges.”

Au départ, il était question de chambres d’hôte. “Mais on s’est rendu compte que le terme hôtel rassurait la clientèle. Cela donne aussi de l’envergure et du faste au projet. C’est pourquoi, on a réalisé les démarches pour être reconnu comme tel par le Commissariat général au tourisme de la Région wallonne.”

Cette reconnaissance est arrivée le 9 novembre.

En tant que ministre du Tourisme, je salue la prise de risque dans une période où tout est incertain, souligne Valérie De Bue. Je félicite les porteurs de ce projet s’inscrivant dans un tourisme de proximité et de retour à l’authenticité. En tant que ministre du Patrimoine, je me réjouis que cette demeure à la très belle histoire et où a été pensée Louvain-la-Neuve soit préservée.”

La Villa Monceau occupe quatre personnes et quelques étudiants. En semaine, il accueille surtout une clientèle d’affaires tandis que les week-ends, viennent davantage des visiteurs venus prendre une bouffée d’oxygène dans ce lieu calme et reposant. Il faut compter une centaine d’euros pour y passer la nuit.