Deux Wavriens à la rue se battent pour l’obtention d’un logement d’urgence

WAVRE Le Brabant wallon est souvent considéré comme un véritable eldorado économique où ne régnerait que faste et volupté mais c’est sans doute oublier que la pauvreté et la misère frappent aussi de nombreux citoyens de la Jeune Province.

Noureddine, 23 ans, en fait partie. Vivant depuis quelques mois dans la rue, il s’apprête à passer l’hiver sous tente alors que les premières neiges sont déjà tombées. “En novembre 2011, je me suis retrouvé sans emploi et sans logement” , explique-t-il. “Ma copine m’a quitté et je ne voyais plus mes amis. Je broyais du noir et j’ai donc décidé de retourner aux sources, dans ma ville d’origine à Anvers.”

Problème : aucun membre de sa famille n’a les moyens de l’héberger et Noureddine se retrouve à la rue. “Après quelques semaines, Thérèse, une amie également dans la galère, m’a contacté et m’a proposé d’aller vivre avec elle à Charleroi chez sa mère. J’ai accepté.”

Thérèse, 42 ans, venait de se faire expulser de son logement pas son mari, qui a conservé la garde de ses quatre enfants. “Après quelques semaines chez ma mère, nous avons dû quitter son logement et nous nous sommes retrouvés à la rue sans nulle part où aller” , explique-t-elle.

Depuis, les deux amis sont revenus à Wavre et tentent de survivre tant bien que mal dans leur tente de fortune installée sur les hauteurs de Wavre, à quelques mètres de l’autoroute E 411. Sans chauffage et sans médicaments pour se soigner, les deux amis doivent faire preuve de débrouillardise. “On va par exemple se laver dans les sanitaires du Quick. Quant à la nourriture, on fait ce qu’on peut mais on ne mange jamais à notre faim.”

Noureddine et Thérèse reçoivent bien une aide du CPAS mais avec un peu plus de 700 € par mois d’allocations, impossible de trouver un logement. “Le CPAS estime que nous vivons en cohabitation. Or, pour cela, il faudrait déjà avoir un logement. Une tente, ce n’en est pas un !”

Avec les températures glaciales de ces derniers jours et les nouvelles chutes de neige annoncées, les deux amis craignent de ne pas passer l’hiver. “Nous avons demandé l’octroi d’un logement d’urgence mais le CPAS nous dit qu’il faut d’abord aller dans un abri de nuit à Bruxelles”, déplore Noureddine. “Or, nous avons plein de vêtements à trimballer. C’est impossible. Et puis, nous n’avons pas les moyens de dépenser 10 € par jour pour nous rendre à Bruxelles.”

D’autant plus que l’allocation de Thérèse a été réduite à 240 € environ, faute d’avoir respecté une convocation au CPAS. “Elle était arrivée à Charleroi et je n’en ai été avertie que trop tard.”

Aujourd’hui, Thérèse et Noureddine se serrent les coudes et veulent sortir ensemble de cette galère. Ils ont obtenu un sursis en étant hébergés à Louvain-La-Neuve par le kot à projets La Coquille pour deux semaines. Et après ? “On est ensemble depuis le début, on s’en sortira ensemble à condition que l’administration cesse de nous voir comme un simple dossier mais bien comme des êtres humains qui ne demandent qu’une main tendue.”



© La Dernière Heure 2012