Les images sont alarmantes. Des jeunes accrochés à la façade du lycée Seutin, marchant sur un fin rebord, à plusieurs mètres de haut. Depuis plusieurs semaines, un phénomène d’exploration urbaine – que l’on appelle “urbex” – semble gagner en popularité auprès de jeunes adolescents qui sont toujours plus nombreux à pénétrer dans le bâtiment à l’abandon, au début de la rue Seutin, au centre-ville de Nivelles.

Depuis trois ou quatre semaines, il y a des visites au moins une fois par jour, affirme Anne-Françoise, qui habite juste en face. Depuis, la semaine dernière, c’est 5 à 6 fois par jour. Ce sont chaque fois des groupes de 4 à 10 jeunes. Ils sont très jeunes, je dirais début d’humanités. Ils entrent par le soupirail brisé et certains sortent par la façade. Mais il y a des éléments menaçants, un linteau est déjà tombé. Et le rebord sur lequel ils marchent est fendu. À l’intérieur, on les entend rigoler, crier, faire du bruit… L’un d’eux m’a même fait coucou lorsqu’il était sur la façade. Ils sont inconscients du danger. Un jour, il va y avoir un drame.”

Vu l’arrivée soudaine du phénomène et son amplification au fil des semaines, la Nivelloise imagine qu’un challenge ait été lancé sur les réseaux sociaux et commence à prendre de l’ampleur. Son idée est confortée par la moyenne d’âge des adolescents qui s’y essayent, probablement âgés entre 12 et 14 ans. Il ne semble donc pas que l’endroit soit soudainement devenu le lieu prisé des photographes amateurs d’urbex.

Très inquiète, la riveraine a interpellé le chef de corps il y a un mois et, plus récemment, le bourgmestre qui ont tous deux contacté le propriétaire du bâtiment. “Je lui ai demandé de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent pour éviter un accident voire un drame. La police est aussi “sur la balle” car le risque est grand”, confirme le bourgmestre Pierre Huart. Mais ce lundi, il n’y avait toujours pas de barrière pour empêcher l’accès au site.