Brabant wallon

"Ne votez pas pour les extrêmes", a martelé l'un d'eux aux élèves.

Jeudi à l’institut de la Vallée Bailly, la section brainoise de la Fédération nationale des combattants (FNC) avait invité des témoins rescapés de la Seconde Guerre mondiale. Devant des élèves réunis dans la salle des fêtes de l’établissement, ces trois Brainois ont livré des témoignages poignants.

Comme celui d‘Yvonne Bertiau - Charles, qui avait quatre ans quand sa famille a quitté sa maison suite à des bombardements toujours plus intenses. "Nous étions des migrants", a-t-elle rappelé aux élèves en évoquant la fin des provisions, la faim, la soif, le froid et l’accueil de certains Français acceptant de loger les réfugiés belges.

Puis près de Lille, ce fut le drame. Yvonne faisait partie d’un groupe qui s’était caché dans une cave au passage des Allemands. Ils ont été repérés, un soldat a jeté une grenade et la mère de la témoin est décédée, tandis que son père a été emmené à l’hôpital, gravement blessé.

Polina Truschtsh, elle, a été emmenée de son Ukraine natale dans des wagons à bestiaux pour aller travailler en Allemagne puis en Autriche. Lorsqu’elle est sortie des camps, elle ne pesait plus que 42 kilos.

Pour perpétuer l’indispensable devoir de mémoire les élèves ont également entendu Jean Walmacq, qui a connu l’exil à 14 ans avant de s’engager dans la résistance à son retour. Lui aussi a expliqué aux jeunes, très concrètement, les horreurs de la guerre et le drame de fuir sa maison du jour au lendemain, en se jetant dans les talus au passage des avions, sous les tirs de balles traçantes.

"Ne votez pas pour les partis extrêmes !, a-t-il martelé. C’est comme cela que les dictateurs arrivent au pouvoir. Et ne critiquez pas ceux qui fuient la guerre et la misère."

V.F.