Après avoir beaucoup souffert durant quatre ans, entre privations, décès de certains habitants et destruction d’une partie de la ville sous les bombes, les Nivellois ont été libérés le 5 septembre 2020. Vers 8 h du matin, une unité de reconnaissance de la deuxième division blindée de l’armée américaine est arrivée de Mons et très vite, le bruit s’est répandu dans la cité des Aclots.

Vers 10 h, lorsqu’un char M8 est arrivé sur la Grand-Place par la rue de Mons, la fête était générale. Et les autorités locales ont reçu officiellement le capitaine texan Roy Jordan, le commandant de l’unité, même si les Libérateurs n’ont pu rester que quelques heures en terre aclote avant de continuer leur progression pour talonner les troupes allemandes en déroute.

Depuis 2008, chaque 5 septembre, les autorités communales mettent sur pied des animations pour préserver ce souvenir.

« Nous tenons à ce que toute la population, et notamment ceux qui n’ont pas connu cette période, se souviennent et rendent l’hommage qui se doit, a expliqué samedi le bourgmestre Pierre Huart. Nous oublions trop souvent que c’est à toutes les personnes qui ont mis leur vie en péril que nous devons cette liberté. »

Evidemment, avec la crise sanitaire en cours, organiser une commémoration est plus compliqué mais les autorités communales aclotes tenaient tout de même à le faire, ce samedi. Sur inscription préalable et avec la garantie du respect des règles sanitaires, une cérémonie s’est tenue à l’hôtel de ville. Elle a été suivie, dans le cloître de la collégiale, d’un petit spectacle émouvant préparé par sept élèves de l’Académie. En restituant des témoignages de survivants, ils ont relaté l’effroyable processus de déshumanisation mis en oeuvre dans les camps de concentration.