La catastrophe ferroviaire de Pécrot, qui a fait 8 morts et 12 blessés graves le 27 mars 2001, est restée dans les mémoires, avec notamment cette terrible image de deux trains enchevêtrés, de plusieurs tonnes de ferrailles entremêlées et figées en l’air après un terrible choc frontal. Les premières années, chaque 27 mars, un petit hommage était organisé sur place. Puis cette habitude s’est effilochée.

Samedi, pour marquer les 20 ans de ce drame, la commune de Grez-Doiceau a pris l’initiative d’organiser une cérémonie devant les plaques commémoratives placée sur les lieux. En toute sobriété, pandémie oblige. Une vingtaine de personnes, élus locaux compris, avaient fait le déplacement.

Seul le bourgmestre Alain Clabots a pris la parole pour retracer les grandes lignes de la catastrophe, les 8 minutes qui n’ont pas suffit pour bloquer un des trains qui étaient partis sur les mêmes rails depuis Wavre et Louvain, le choc à 8 h 50, la détresse des familles, les blessures psychologiques des survivants, le dévouement des secouristes…

« Entretenons le souvenir pour que toutes les précautions soient désormais prises, a exhorté sur place le bourgmestre grézien. Beaucoup de mesures ont été mises en oeuvre depuis, mais sûrement pas encore assez. La preuve: nous sommes ici, regardez votre GSM, vous n’avez toujours pas de réseau. »

De son côté, Infrabel a en tout cas renforcé son propre système de communication le long de la ligne. Des dispositifs de sécurité ont également été ajoutés. Mais lorsqu’est survenu l’accident de Buizingen, certaines familles ont eu l’impression que l’histoire se répétait.

C’est le cas de Michel Maes, un ancien de la police judiciaire, qui a perdu son épouse le 27 mars 2001. Elle venait de monter dans le train pour se rendre à son travail, à l’observatoire d’Uccle, lorsque l’effroyable collision s’est produite.

Comme tous les proches de victime, l’homme raconte une histoire de coïncidences, d’enchainements malheureux qui ont abouti à l’impensable.

« D’habitude, mon épouse ne prenait pas le train à cette heure là mais elle avait travaillé tard la veille et avait décalé son horaire, se souvient-il. On venait de fêter nos anniversaires, on avait de partir à Pâques dans sa famille à l’étranger. J’y suis allé pour accompagner son cercueil. Psychologiquement, la suite, ça a été un peu en zigzag… »

Sur l’enquête et le procès qui a suivi le drame, Michel Maes estime n’avoir rien à dire: le travail a été bien fait. « Là où j’ai un petit goût amer, c’est que la responsabilité a été attribuée à la SNCB, donc à une société. Alors que derrière la société, il y a des décideurs, des gens qui font des choix budgétaires, qui sont payés pour cela et qui auraient dû en répondre », glisse-t-il.