Une zone d’expansion de crue désormais opérationnelle entre Tilly et Mellery.

La province du Brabant wallon travaille sur plusieurs axes pour lutter contre les inondations : elle aide les communes via des subventions pour financer certaines initiatives, a créé une plateforme d’échange entre les divers acteurs, et crée également directement des ouvrages d’art le long des cours d’eau de deuxième catégorie, puisqu’elle en a la gestion. Elle est donc responsable d’une quinzaine de zones de retenue, et une nouvelle s’est ajoutée officiellement hier.

En effet, la zone d’expansion de crue (ZEC) du Gentilsart, située à l’arrière de la ferme de Gentissart entre Tilly et Mellery, est désormais opérationnelle. Sa capacité de retenue est de 27 400 mètres cubes, grâce au relief naturel du sol (on est dans une cuvette marquée) et à une digue de cinq mètres de haut, longue de 70 mètres.

Le ruisseau du Gentilsart passe au centre, via un ouvrage en béton qui comprend une vanne. Le principe est simple : lorsque le cours d’eau atteint un niveau donné, la crue est écrêtée puisque le débit passant au travers de la digue est limité. L’eau monte dès lors dans la retenue, pour s’écouler par la suite quand le débit revient à la normale.

L’idée est de protéger le centre de Villers-la-Ville en cas de très forte pluie : le Gentilsart et la Thyle s’y rencontrent et lorsque les niveaux sont élevés, les dégâts peuvent être importants comme en 2008. Les quantités d’eau retenue temporairement en pleine campagne dans la nouvelle ZEC éviteront aussi des inondations plus loin en aval vers Court-Saint-Étienne, Ottignies et Wavre.

La Province a délégué la maîtrise de l’ouvrage à l’intercommunale InBW après que l’endroit le plus adéquat a été déterminé avec l’aide d’un bureau d’études, et le projet a été élaboré en concertation avec la commune de Villers-la-Ville. L’investissement frôle le million d’euros. "C’est capital : je pense que c’est le travail le plus important dans toute ma carrière d’échevin des Travaux, indiquait sur place l’échevin villersois Philippe Vanhollebeke. Je pense qu’avec cette ZEC, 80 % des problèmes d’inondations à Villers seront résolus. Il reste à réaliser un projet sur la Thyle entre Villers et Sart-Dames-Avelines. L’étude est en cours."

D'autres projets dans tout le Brabant wallon

Si le premier métier d’InBW est d’assainir les eaux usées, l’intercommunale assiste de plus en plus la Province et les communes dans leur lutte contre les inondations. "Nous souhaitons mettre à leur disposition nos compétences et notre longue expérience de matière de l’ouvrage délégué dans le cadre de projets d’aménagements à proximité des cours d’eau" , confirment les responsables.

C’est le cas pour cette ZEC à Villers-la-Ville, et InBW était déjà intervenue pour les zones d’immersion temporaire (ZIT) du Laubecq et du Coeurq, mise en service en 2018 à Tubize.

Bien d’autres projets sont aujourd’hui à l’étude : la ZEC du Cocrou à Grez-Doiceau, de la Cala à Genappe, du Pont Neuf à Rebecq, du Ry des Corées et de la Petite Gette à Orp-Jauche, du Pisselet à Chaumont-Gistoux, de la Thyle à Villers-la-Ville, du Bois des Cuves à Ramillies, et de Gaesbecq à Ittre. Pour cette dernière, les travaux devraient d’ailleurs débuter en 2020.