Les cadrans du tableau de bord des voitures vont-ils disparaître ? Dans un avenir proche, cela pourrait ne pas être de la science-fiction. AGC Automotive Europe, dont le siège social est à Louvain-la-Neuve et le centre de recherche à Gosselies, développe en effet un pare-brise à réalité augmentée, en partenariat avec une société française EyeLights installée près de Toulouse.

Mais quelles différences avec la technologie actuelle qui permet déjà, sur certains modèles, de voir notamment le compte-tours, le compteur de vitesse, la jauge essence, la température du liquide de refroidissement ou encore le guidage GPS via l’affichage tête haute ? Patrick Ayoub, responsable des capteurs et de la vision pour l’automobile au sein d’AGC et que l’on connaît davantage comme responsable du café-citoyen Altérez-vous, en pointe trois : la taille de l’affichage, ici presque tout le pare-brise, l’apport d’informations contextualisées et là où elles doivent être et aussi la compatibilité avec le port de lunettes de soleil. "Ce qui n’est pas le cas des afficheurs actuels. Tout cela amènera un plus grand confort de conduite pour l’automobiliste, ainsi que davantage de sécurité."

Il explique ainsi que le GPS affichera clairement quelle rue emprunter. Fini donc d’hésiter quand la machine nous dit de tourner à droite et que plusieurs rues s’offrent à nous. Ou encore que les dangers, la distance par rapport à un obstacle ou la présence d’autres usagers de la route, soit des éléments de l’environnement extérieur à la voiture, pourront être détectés et mis en évidence pour attirer l’attention du conducteur, par exemple.

"Ce projet, sur lequel on travaille depuis 3 ans, fait appel à une technologie à base de couches de verre. Habituellement, les verriers et les spécialistes de l’affichage travaillent dans leur coin. Ici, on s’est associé pour combiner nos savoir-faire."

Le projet a été présenté la semaine dernière au Consumer Electronics Show (CES), à Las Vegas (USA).

"Dans le domaine de la technologie, beaucoup promettent la lune, sans aboutir. Ici, on est confiant, même s’il reste du travail, et en 2025, un premier modèle d’une marque automobile allemande, mais je ne peux en dire plus, devrait sortir avec cette technologie", conclut Patrick Ayoub.