Le 29 mai 2016, un habitant de Wavre totalement inconnu des autorités judiciaires et de la police s’est rendu dans une épicerie marocaine pour acheter un pain. Septuagénaire apprécié de tous ceux qui le connaissent, il a rencontré sur place un homme originaire du même village que lui, au Maroc. Les relations entre eux ne sont visiblement pas au beau fixe, pour une histoire de dette manifestement assez floue.

Le septuagénaire est rentré chez lui, et semblait calme. Mais il est ressorti après dix minutes et s’est à nouveau rendu dans le magasin, où il s’en est pris au deuxième protagoniste. Le ton est monté et le gérant a fini par les mettre dehors. Se retrouvant contre une camionnette, le plus âgé des deux a sorti un couteau de sa poche, et a donné un coup à son rival, juste sous l’aisselle.

La victime a perdu beaucoup de sang, et la blessure a occasionné un pneumothorax. Il est resté plusieurs jours aux soins intensifs, entre la vie et la mort. Il s’en est heureusement sorti, mais garde des douleurs et un traumatisme de ce qui s’est passé ce jour-là. C’est ce que l’homme a expliqué devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon, il y a un mois.

Son agresseur, 79 ans aujourd’hui, était poursuivi pour tentative d’assassinat. Plus que confus dans ses explications, il niait en tout cas catégoriquement avoir voulu tuer. À suivre les avocats de la défense, il convenait donc de requalifier les faits en coups et blessures volontaires, et de tenir compte également d’une certaine provocation dans le chef de l’autre protagoniste, qui aurait frappé le prévenu à la tête avant le coup de couteau.

Le jugement a été rendu jeudi et le tribunal ne partage pas cette analyse. Il estime qu’il y a bien eu tentative d’assassinat ce jour-là, et le prévenu écope de quarante mois d’emprisonnement pour ces faits qualifiés d’extrêmement graves. Vu sa situation personnelle et notamment son âge, il bénéficie d’un sursis total.