En mai dernier, une habitante de Wavre qui était en couple avec un homme depuis huit ans s’est confiée à sa fille. Elle a expliqué que depuis environ deux ans, elle se sentait « vaseuse » certains jours, et qu’elle avait le souvenir, un peu flou, de nuit durant lesquelles elle subissait des viols sans pouvoir réagir.

Parfois, elle se réveillait nue alors qu’elle portait des habits de nuit avant de s’endormir. Il lui semblait que son compagnon la violait, y compris avec certains objets. Et ce n’était sans doute pas un simple cauchemar puisqu’il lui arrivait de retrouver certains de ces objets le matin dans la chambre. D’autres éléments encore accréditaient l’hypothèse de viols nocturnes et la fille, indignée par les confidences de sa mère qui n’osait pas déposer plainte, est allée dénoncer les faits à la police.

Une perquisition a été menée au domicile de la victime et du suspect. Certains des objets ayant servi pour les viols ont été retrouvés. Et après avoir saisi l’ordinateur et le GSM de Paul M, les enquêteurs ont découvert des séquences vidéos attestant des dires de la victime. En réalité, l’homme écrasait des calmants dans la boisson de sa compagne. Lorsqu’elle était endormie, il la déshabillait, la violait et filmait les scènes.

Le quinquagénaire wavrien, après avoir nié dans un premier temps, a bien dû admettre les faits. Mais alors que la victime évoquait une fréquence très régulière de ces agissements durant deux ans, il affirmait de son côté n’avoir commis ces viols qu’à une dizaine de reprises. En précisant qu’il devait affronter des problèmes psychologiques et n’avait pas réagi correctement…

Devant le tribunal correctionnel, le ministère public en avait conclu que le prévenu continuait à minimiser, craignant qu’il récidive.

Le jugement est tombé ce mercredi: Paul M. écope de cinq ans, avec un sursis probatoire pour la partie de la peine qui excède un an d’emprisonnement. Pour bénéficier de ce sursis partiel, l’homme devra se prêter à un suivi psychologique ou psychiatrique, suivre une formation pour les auteurs d’infractions à caractère sexuel, et ne plus résider chez la victime. Il est aussi privé de ses droits civils et politiques durant cinq ans.