Agriculteurs et sympathisants ont manifesté contre le projet de contournement.

Ce samedi, une action de sensibilisation s’est déroulée à Perwez, orchestrée par des agriculteurs et quelques sympathisants. L’objectif de celle-ci : sensibiliser les automobilistes contre le projet de contournement de Perwez. Pour ce faire, ils ont tous reçu un colis composé de légumes bio cultivés dans un champ… qui se trouve sur le tracé et donc voué à disparaître. "Notre demande était simple : est-ce que vous préférez des légumes ou du bitume", explique Caroline Jadin, l’une des agricultrices directement touchée par le tracé.

Il faut dire que la polémique fait rage depuis de nombreuses années mais même si les expropriations des derniers champs présents sur le tracé du contournement ont été validées par le juge de Paix, ce n’est pas pour autant que les agriculteurs baissent les bras. "Par cette action, nous voulions aussi prouver que les agriculteurs ne sont pas les seuls à être contre ce projet. D’ailleurs, l’initiative de cette action est à mettre au crédit d’un comité qui s’est créé contre le contournement. Ce ne sont pas les agriculteurs qui ont lancé la machine."

Néanmoins, ceux-ci ont un message à envoyer à Philippe Henry, le nouveau ministre wallon de la Mobilité. "Nous aimerions qu’il pousse sur le bouton pause, continue Caroline Jadin. C’est un projet qui date de plus d’une dizaine d’années et depuis, beaucoup de choses ont changé. On aimerait qu’il réévalue la situation mais nous avons bon espoir de le rencontrer et de trouver une solution puisqu’il semble y avoir une prise de conscience du nouveau gouvernement wallon."

Et de pointer d’autres pistes comme alternatives au contournement. "Il y a l’aménagement de la sortie d’autoroute et celui du rond-point de la Ville de Wavre. Le bon sens voudrait qu’on attende de voir l’impact de ces travaux avant de commencer un contournement de plus de huit millions d’euros", conclut Caroline Jadin.

"Henry a validé le tracé en 2011 !"

Ce projet de contournement de Perwez, c’est aussi celui d’André Antoine, l’ancien bourgmestre de la commune. Pour lui, sa réalisation est indispensable même s’il comprend les craintes des agriculteurs. "Il est important de raisonner à froid, lance-t-il. Tous les experts s’accordent à dire qu’il y a un problème de mobilité, et de danger mortel sur l’autoroute, et que le tracé retenu est le meilleur. D’ailleurs, pour l’histoire, c’est le ministre Henry qui l’a, à l’époque, en 2011, validé."

Si le projet dure depuis si longtemps, c’est aussi parce que les agriculteurs ont utilisé tous les moyens possibles pour aller contre ce contournement d’après André Antoine. "Tant le Conseil d’État, que le tribunal de première instance et le juge de paix, tous ont donné priorité à l’urgence du tracé."

Et de pointer l’intérêt général du futur contournement de Perwez. "Je pense que l’intérêt général que constitue la sécurité routière doit l’emporter sur l’intérêt de quelques agriculteurs. Ils vont contre des milliers d’usagers et cela a des conséquences fâcheuses en termes d’embouteillages mais également de répercussion du trafic vers les voies de délestage. Si ce contournement n’est pas réalisé, ce serait un gâchis sans nom car de l’argent a été engagé, des travaux ont commencé et il en va de la sécurité de milliers d’usagers."