Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a condamné jeudi une mère de famille de Braine-l'Alleud, née en 1983, à six ans de prison ferme. Elle était poursuivie pour avoir violé, en janvier 2017, sa fille âgée de sept mois. Alors que la prévenue nie les faits, le tribunal estime qu'elle s'est rendue coupable de ce viol afin de faire pression sur son amant qui lui demandait le remboursement d'une importante somme d'argent. Avant d'emmener l'enfant blessée à l'hôpital, la prévenue avait contacté cet homme par téléphone pour le menacer et l'accuser du viol de son bébé. C'est lui qui a prévenu la police. La défense, à l'audience, avait plaidé qu'il n'était pas certain que la fillette avait été violée, et que si c'était bien le cas, rien n'établissait que la prévenue avait commis les faits. Ce n'est pas l'avis du tribunal, qui estime dans le jugement rendu jeudi que les constatations médicales établissent la réalité du viol, et que la mère de famille s'en est bien rendue coupable, dans le cadre d'une machination liée à un litige financier.

Se basant sur les éléments du dossier, le tribunal a relevé que la prévenue, deux mois avant les faits, avait également accusé un autre amant du viol de son fils, toujours par téléphone en affirmant qu'elle allait conduire la jeune victime à l'hôpital. Cet homme qui avait lui aussi averti la police lui avait prêté 700.000 euros pour acheter un immeuble. Elle lui avait cependant téléphoné le lendemain pour lui dire qu'il ne s'était finalement rien passé.

Pour fixer la peine à six ans de prison, le tribunal relève l'extrême gravité des faits, le "caractère abject de la mise en scène", le fait pour la mère d'avoir utilisé son bébé pour assurer ses intérêts financiers, et l'absence de tout amendement dans le chef de la prévenue.