Nous avions évoqué dans notre édition de mercredi la journée un peu confuse vécue mardi par les travailleurs de Logistics Nivelles. Alors qu’une partie d’entre eux avaient décidé vendredi dernier de maintenir la grève sur place jusqu’à mercredi, la CNE avait voté à 72 %, lundi, en faveur d’une reprise immédiate du travail.

L’objectif déclaré était d’éviter une dégradation de l’outil : les produits frais entreposés sur place risquaient de pourrir et d’entraîner des problèmes de salubrité. Le permanent CNE Didier Lebbe craignait que cette situation périlleuse serve de prétexte pour déclarer le site inexploitable. Les autres syndicats n’étaient pas sur la même longueur d’onde, et le piquet avait été tenu mardi par les travailleurs FGTB et UBT tandis que les “Verts” étaient rentrés à l’intérieur des locaux… sans pouvoir travailler de manière effective.

En effet, les machines avaient été désactivées à distance et aucune instruction n’avait été donnée par le groupe Kuehne + Nagel pour l’évacuation des marchandises.

Une assemblée s’est tenue mercredi matin sur le site, et ce sont cette fois les travailleurs du SETCa, de l’UBT et de la CGSLB qui ont marqué leur accord, à 59 %, pour la reprise du travail.

Dans la foulée, le personnel de Supertransport, la société qui emploie les chauffeurs chargés d’acheminer les marchandises depuis les entrepôts de Logistics Nivelles vers les magasins de l’enseigne Carrefour en Belgique, s’est également réuni. Basés sur le même site que leurs 549 collègues menacés par un licenciement collectif d’ici un an, ils étaient eux aussi en grève depuis la semaine dernière. La reprise du travail a été approuvée à une majorité écrasante (environ 95 % des votants) mais plusieurs conditions ont été mises à la fin du mouvement.

Sur les détails de ces conditions, les syndicats n’ont pas souhaité communiquer mercredi : un conseil d’entreprise est convoqué ce jeudi matin pour en discuter avec la direction de Supertransport. Une nouvelle assemblée des travailleurs sera organisée après cette réunion, pour faire état des éventuelles avancées.

“Il y a en tout cas une condition qui est très claire pour nous et si elle n’est pas remplie, ce n’est pas la peine d’aller plus loin dans les discussions : les travailleurs de Supertransport demandent que leur travail commence à Nivelles et se termine à Nivelles”, indique le permanent CSC Transcom Philippe Lescot.