Au dernier conseil de police, l’inspecteur Nathalie Laermans a prêté serment pour officialiser son entrée en fonction dans la zone de police Nivelles-Genappe. Maître-chien travaillant auparavant à Waterloo et s’appuyant sur une expérience de vingt ans, on la voit désormais dans les rues du centre-ville et même dans la galerie commerciale du Shopping Center, en patrouille avec son chien Odin lors de missions de prévention.

Mais outre ce chien de patrouille, elle élève aussi Uruz, une malinoise d’un an sélectionnée pour sa sociabilité et son amour des humains. Formée, ayant réussi ses stages et désormais brevetée, Uruz deviendra d’ici quelques semaines le premier "chien médiateur" dans une zone de police wallonne. Jusqu’ici, cette fonction n’existait qu’au sein de la police de Gand ainsi que dans une zone bruxelloise.

L’idée est d’utiliser le chien pour créer une ambiance positive et permettre aux victimes de se sentir mieux lorsqu’elles doivent être entendues au commissariat. Uruz aidera ainsi, à sa manière, les citoyens en détresse ainsi que le personnel du service local de recherche ou du service d’aide aux victimes.

Par exemple dans le cadre de faits de violences intrafamiliales, de viol ou d’autres faits traumatisants, lorsqu’une victime doit être entendue par les policiers, il arrive qu’elle ne parvienne pas à se livrer, à raconter vraiment ce qui s’est passé ou à donner des informations pourtant utiles à l’enquête.

Dans ce genre de situations, un rendez-vous sera pris pour que l’audition se déroule dans un local spécialement aménagé au sein du commissariat central aclot. On y trouve notamment un canapé où la personne pourra s’installer. Uruz sera là sans sa maîtresse mais en présence des policiers qui vont mener l’audition.

Capter l’émotion, le stress ou la douleur

Le "chien médiateur" a la capacité de capter l’émotion, le stress ou la douleur. Il se dirigera dès lors spontanément vers la personne en souffrance. Sa présence apaisante, sa capacité à recevoir les caresses ou à manifester son contentement permettra d’instaurer une autre ambiance, et de générer une certaine mise en confiance.

"Les chiens médiateurs sont également utilisés dans la vie civile, par exemple par des psychologues, des pédopsychiatres, des kinés, explique l’inspecteur Laermans. Il arrive aussi qu’on les utilise avec des enfants en difficultés scolaires. Les résultats sont très intéressants."

Dès que les policiers qui souhaitent travailler dans ce cadre seront formés à collaborer avec Uruz, ce qui est une question de semaines, le service sera lancé. Pour le collège de police, c’est une manière innovante d’améliorer l’accueil des victimes, et de montrer que les agents ne sont pas là que pour jouer la répression, mais aussi pour venir en aide à la population.

Le projet va d’ailleurs connaître d’autres développements : Uruz sera aussi mis à contribution lors de séance de prévention dans les classes primaires, pour apprendre aux enfants à se comporter adéquatement face à un chien et ainsi prévenir les morsures.