C’est plus qu’en 2017 mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

À quelques jours de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Ville de Tubize vient de s’engager à prendre une série de mesures en faveur de la lutte contre les violences conjugales. Un geste fort posé par les conseillers communaux, alors que ces violences physiques et psychiques sont encore le lot quotidien de bon nombre de femmes et hommes.

Car le phénomène est encore malheureusement bien présent en Belgique. En 2018, environ 51 600 dossiers ont ainsi été ouverts pour des femmes et hommes battus ou harcelés par leur conjoint. Et le Brabant wallon, malgré ce qu’on pourrait croire, n’est pas épargné par cette problématique. Les audiences et les condamnations régulières au tribunal correctionnel de Nivelles d’auteurs de violence envers leur partenaire nous le rappellent tristement.

Les chiffres viennent attester la réalité du phénomène chez nous : en 2018, 1 720 dossiers de violences intrafamiliales ont été ouverts au parquet du Brabant wallon, dont 1 335 sont relatifs à des faits de violences conjugales. Soit près de 4 faits par jour… Sans compter les plaintes que les victimes n’oseront jamais aller déposer, par peur de représailles ou par honte. En 2017, 1 619 dossiers de violences intrafamiliales ont été ouverts dont 1 212 de violences conjugales.

"Les violences intrafamiliales, et plus spécifiquement les violences dans le couple, sont une priorité de politique criminelle du parquet du Brabant wallon, nous indique-t-on au parquet de Nivelles. Un réseau d’échange et de formation continue a été mis en place depuis plusieurs années au sein de la province du Brabant wallon, réunissant le milieu associatif, la police et le parquet. L’accent est actuellement mis sur l’accueil des victimes de violence conjugale auprès des services de police ainsi que sur la transmission efficace et systématique aux instances judiciaires de toute information relative à des situations de couple conflictuelles. "

Former les médecins à déceler les signes avant-coureurs

Nathale Ruyskart, coordinatrice de la section égalité des chances à la Province du Brabant wallon.

Ces chiffres qui ne diminuent pas, c’est inquiétant ?

"Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, ça peut vouloir dire qu’on en parle plus. La problématique est mieux identifiée, les zones de police actent davantage les faits. Il y a quelques années, on ne parlait que des violences physiques, on prend plus en compte la violence psychique aujourd’hui."

La plateforme "Violences dans le Couple" forme désormais les médecins…

"On a démarré cette année avec deux groupes de médecins à Braine-l’Alleud et Wavre. On s’est rendu compte que le médecin ne fait le constat que quand il y a des coups. On les forme à déceler les signes avant-coureurs. On voudrait généraliser l’idée l’an prochain.