Virginia, vous êtes institutrice en 6e primaire à l’école Saint-Rémy à Braine-le-Château, comment avez-vous accueilli ces nouvelles mesures ?

"C’est un peu déstabilisant, il faut se réadapter aux décisions, c’est beaucoup de changement, surtout pour les enfants. Les élèves sont arrivés spontanément avec un masque dès ce lundi matin. C’est un gros changement pour eux. Il faut régulièrement leur rappeler de ne pas le toucher et de ne pas l’enlever. C’est beaucoup de complications pour pas grand-chose. Ils restent le même. Il a fallu aussi dédramatiser et leur expliquer que c’est un geste barrière en plus mais que leurs camarades ne sont pas devenus subitement un danger pour eux. C’est un stress supplémentaire pour les enfants. Jusqu’à présent, la vie ressemblait un peu à celle d’avant quand ils étaient en classe, mais ce n’est plus le cas."

La ministre a plaidé pour que les enseignants soient considérés comme des personnes prioritaires pour la vaccination. Enfin ?

"Au départ, je n’étais pas spécialement pour le vaccin mais au plus le temps passe, au plus je sens que c’est la seule solution. Si j’étais vaccinée, je me sentirais plus en sécurité pour mes élèves, qui sont jusqu’à 25 en classe. On reste exposé au virus. On ne peut pas maintenir constamment une distance d’1,5 mètre avec les enfants. Avec cette annonce, on se sent, pour une fois, pris en considération."

La fin de la salle des profs, c’est difficile ?

"La salle des profs, c’est la mise en place de la vie de l’école, c’est un isolement supplémentaire. On était déjà isolé dans notre vie personnelle et désormais, professionnelle."