BRUXELLES

Bras de fer entre direction et syndicats : il faut trouver 5,5 millions d’euros

SOCIAL Ni les syndicats ni la direction ne souhaitent communiquer sur le sujet mais, depuis deux jours, la tension est montée d’un cran à la Stib. Selon certaines sources, on serait même au bord de la rupture. Pour l’heure, les négociateurs sont toujours autour de la table mais le mot “grève ” a déjà été prononcé, rapporte-t-on.

De quoi discutent-ils ? Eh bien, d’une partie des 5,5 millions d’euros d’économie qu’il est demandé à la Stib de trouver sur ses frais de fonctionnement (le personnel donc). Rappelons que l’an dernier, la Région bruxelloise avait raboté le budget de la société de transport d’un peu plus de 46 millions d’euros.

C’est Alain Flausch, directeur général de la Stib, qui est monté au front. Il a proposé aux syndicats toute une série de mesures qui touchent directement le (portefeuille du) personnel. Exemple : la suppression des fameuses heures de chaleur , récupérées par les agents de la Stib à raison d’une par jour lorsque le thermomètre monte au-delà de 27°. “Celles-ci n’ont plus lieu d’être puisque pratiquement tous les véhicules sont équipés de la climatisation, comme les bureaux d’ail- leurs”, dit une source anonyme.

D’autres suppressions d’avantages, parfois obtenus de longue date par les syndicats, sont sur la table et elles sont toutes refusées net par les représentants des travailleurs.

Un blocage encore renforcé par un coup de force d’Alain Flausch daté de mardi matin. Ah, vous ne voulez pas de mes mesures ! Eh bien alors, je remets en cause la convention sur les prépensions a-t-il annoncé, en substance, aux syndicats qui, pour le coup, discutent en front commun. Coup de tonnerre.

Ces prépensions concernent plusieurs dizaines d’agents (200 personnes, nous dit-on) nés au début des années 50. Cette convention collective doit en fait faire l’objet d’un accord renouvelé tous les ans en fonction des tranches d’âge.

Ce levier, utilisé par la direction, a mis les syndicalistes en pétard. “C’est de bonne guerre” , temporisait toutefois l’un d’eux mardi. La négociation se poursuit. À couteaux tirés.



© La Dernière Heure 2010