Survol intempestif de Waterloo: "L’état préfère payer plutôt que d’agir"

Le 12 mai dernier la Bourgmestre de Waterloo, Florence Reuter, interpellait le ministre fédéral de la Mobilité George Gilkinet. Pourtant depuis 2004, la situation n'a semble-t-il pas beaucoup évolué.

Simon Chérot
Survol intempestif de Waterloo: "L’état préfère payer plutôt que d’agir"
©Jean-Luc Flémal

Les riverains de la commune de Waterloo sont régulièrement impactés par des nuisances sonores provoquées par les atterrissages sur la piste 01. Cette piste est censée servir lorsque le vent ne permet pas aux avions d’atterrir sur les pistes principales. Pourtant, depuis 2004, celle-ci est de plus en plus régulièrement utilisée.

À l’origine du problème : le plan de dispersion des vols mis en place par le ministre de la mobilité de l’époque, Bert Anciaux. En baissant les normes en matière de vent à 7 nœuds, la piste 01 – censée permettre aux avions de prendre une autre trajectoire lorsque le vent est trop puissant sur les pistes principales – est devenue une piste préférentielle au même titre que les autres.

Si la situation a maintes et maintes fois été mise sur la table, le plan Anciaux n’a jamais vraiment été abrogé. Un espoir est né en 2013 lorsqu’une tolérance de 5 nœuds supplémentaires est accordée pour les rafales de vent. Il passera comme un coup de vent lorsque les autorités compétentes décidèrent de revenir en arrière, invoquant l’impossibilité de certaines compagnies aériennes de faire assurer leurs avions, certifiés à 10 nœuds et non pas à 12. Depuis, la situation ne s’est jamais améliorée : sur une décennie, on observe au minimum un doublement de l’utilisation de la piste 01 en journée et une multiplication par 3,5 durant la nuit, selon l’ASBL “Piste 01, ça suffit !”.

Selon une riveraine, qui a lutté durant des années, mais qui ne tient plus à s'exprimer en son nom, le problème est communautaire. "Ce dossier est fédéral, où la majorité est à la Flandre et la Wallonie est minoritaire. Au nombre de votes au parlement fédéral, les francophones sont perdants. Ce qu'il faudrait, c'est une parité. Et ça, la Flandre ne le veut pas et pour cause et pas seulement dans le dossier des survols".

Catherine, 74 ans et habitante de Waterloo, constate également que malgré des années de lutte, rien ne change. "Les avions volent tellement bas parfois que tous les chiens du quartier commencent à aboyer. Même plusieurs années après, nos animaux ne s'adaptent pas plus que nous…"

Elle dit devoir dormir avec des boules Quies depuis plusieurs années lorsque l'on rentre en été. "C'est principalement en été que les avions survolent la ville. Depuis cinq ans, je dois mettre régulièrement des boules Quies, mais ça n'empêche que les vitres tremblent à certains moments".

“La balle est dans le camp du ministre fédéral”

Le 12 mai dernier, la Bourgmestre de Waterloo Florence Reuter, interpellait à nouveau le vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité, George Gilkinet au sujet de la piste 01. "Nous sommes dans un état de droit et dans un état de droit, les décisions de justice doivent être appliquées. La justice vous impose de réparer le préjudice subi. La cour d'appel a jugé, l'utilisation de la piste 01, abusive et illicite".

Pour le président de l'association "Piste 01, ça suffit", Charles Sohet, le ministre à la solution en main, mais "l'État préfère payer des indemnités plutôt que d'agir". Il considère que rien de concret n'est mis en place : "Il a mis en place un organe de concertation avec des acteurs qui ne se sont pas d'accord entre eux, autour de la table […] À partir du moment où les décisions de justice ne sont pas respectées, nous ne sommes plus dans un état de droit".

Le problème, c’est qu’au niveau légal, il est très difficile d’agir, car la commune de Waterloo, contrairement aux communes de Bruxelles, n’est pas protégée par “l’arrêté Bruit”.

“Nous avons établi il y a quelques années, des mesures de nuisances, mais celles-ci sont à titre indicatif, car nous ne sommes pas protégés par un arrêté comme à Bruxelles”.

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