Les autorités communales déplorent l’ampleur du projet proposé par l’enseigne.

Après une "bataille" contre l’arrivée d’Action il y a quelques mois, c’est une nouvelle "bagarre" qui attend les autorités communales de Waterloo. Cette fois, c’est contre l’arrivée d’un impressionnant Lidl de 1 330 m2 sur la chaussée du Bruxelles, juste en face du Pizza Hut et du site Carrefour géré par Redevco.

Ce lundi, après avoir essuyé un premier refus sur leur projet, les responsables de Lidl ont rentré une nouvelle demande de permis. Mais, si l’emplacement a changé (avant c’était à l’entrée de Waterloo, près de l’ancien Bigg’s), l’ampleur du projet inquiète toujours les édiles. "Ce n’est pas qu’on est contre l’arrivée de Lidl, nous n’avons rien contre l’enseigne, mais quand on dit qu’il y a une sous-offre alimentaire à Waterloo, je ne comprends pas", note Florence Reuter.

Le bourgmestre pointe en effet la présence de Carrefour, Delhaize, Aldi, Colruyt… tous à proximité. Au total, il y a pas moins de quatorze enseignes alimentaires de grande/moyenne surface qui sont déjà installées sur le territoire. "Je pense qu’en termes d’offre alimentaire il y a tout ce qu’il faut à Waterloo. Ensuite, il y a les problèmes de mobilité qu’il faut prendre en compte. Il faut davantage de concertation entre la commune et Lidl et je trouve qu’ils essayent d’y aller un peu en force."

Même son de cloche du côté de l’échevin du Commerce, Brian Grillmaier. "Nous avons reçu les responsables avec l’échevine de l’Urbanisme et on leur a expliqué que le projet était trop important. Ils reviennent avec des éléments qui sont difficiles à accepter. Il faut prendre en compte l’aspect mobilité mais aussi sécuritaire avec leurs camions qui risquent de devoir faire des manœuvres plusieurs fois pendant la journée sur la chaussée."

Waterloo étant particulièrement saturé, l’arrivée d’un Lidl pourrait encore compliquer les choses. "Attention, nous ne sommes pas contre l’arrivée de Lidl à Waterloo comme certains ont pu le dire ou l’écrire. Tout le monde a sa place à Waterloo mais, point de vue commerces, on a déjà Carrefour, Delhaize et Aldi sur un kilomètre carré à cet endroit. Ajouter une grande surface ne semble pas opportun", conclut Brian Grillmaier.

On l’a compris, même si l’enquête publique est en cours et que les autorités communales ne peuvent pas officiellement se prononcer, ce projet devrait recevoir un avis négatif de la commune, ce qui n’est pas spécialement contraignant pour le promoteur.

Du côté de Lidl, on est confiant car on dit avoir pris en compte les remarques.

Pour la marque Lidl, la construction de ce nouveau magasin à Waterloo serait le début d’une nouvelle ère car il s’agit du tout premier permis mixte déposé par l’enseigne. "Il y aurait une surface commerciale de 1 330 m2 au rez-de-chaussée et 34 appartements de tailles différentes à l’étage", explique Julien Wathieu, porte-parole de Lidl.

Quant aux problèmes de mobilité avancés par les autorités communales, ils ont aussi été pris en compte par les promoteurs. "Plusieurs études ont été réalisées et elles aboutissent toutes à la même conclusion : il n’y aura pas d’impact négatif. Nous avons prévu un parking en sous-sol de 200 places et un espace spécifique a été pensé pour décharger et charger les camions afin de ne pas gêner la circulation. Sans oublier que nous avons calqué le gabarit sur les bâtiments voisins et nous sommes même un peu en dessous." Julien Wathieu ajoute également que le quai de déchargement est fermé, un peu à l’image d’un garage, "toujours pour ne pas gêner les habitants".

Si les autorités communales de Waterloo avancent que certaines de leurs recommandations n’ont pas été écoutées, du côté de Lidl, le son de cloche est différent. "Nous les avons prises en compte, déjà au niveau de l’emplacement, continue Julien Wathieu. À la base, nous voulions nous installer à l’entrée de la commune et nous nous sommes déplacés dans le centre-ville."

Des efforts qui ne semblent pas répondre aux attentes de la commune mais qui ne refroidissent pas pour autant les gérants de l’enseigne. "Ce projet répond au projet de 2016 qui avait obtenu l’autorisation du ministre. Aujourd’hui, on dépose un projet fort, moderne et important et nous sommes très confiants quant à sa concrétisation. Il répond à une sous-offre alimentaire à Waterloo et s’intègre parfaitement à l’environnement. Cela fait deux ans qu’on travaille sur ce projet et nous avons opéré de la même manière avec Waterloo qu’avec d’autres communes où cela se passe très bien comme à Nivelles. Nous avons tout pris en compte, le projet dispose de points forts et nous croyons en nos chances d’aboutir", conclut le porte-parole de Lidl.