Le 28 avril 2017, des bijoux valant au total plusieurs centaines de milliers d’euros ont été volés chez un bijoutier domicilié à Braine-l’Alleud. Les malfrats, qui ont fait preuve sur place d’une extrême violence (lire ci-contre) auraient été tuyautés par une dame qui exerçait dans un salon de massage situé à Waterloo, juste au-dessus du commerce tenu par ce Brainois isolé et âgé de 77 ans.

L’affaire a été élucidée à la suite des perquisitions menées à Bruxelles et en France dans le cadre d’un dossier de terrorisme. La police fédérale a en effet trouvé, dans un box loué à Anderlecht par le Bruxellois Akim S., des armes et divers accessoires (pied de biche, pince coupante, chargeur de kalachnikov…) sur lesquels l’ADN de la victime a été relevé. Il y avait également dans ce box des explosifs et des détonateurs.

Les enquêteurs avaient placé ce suspect sur écoute, et pratiquaient également des observations discrètes autour du box situé à l’avenue de Scheut, à Anderlecht. Ils ont vu Mohamed S., un des frères d’Akim qui est actuellement détenu au Maroc, entrer dans les lieux puis ressortir avec un sac de sport noir visiblement très lourd.

Ce sac a ensuite été confié au Français Salah G., complice des frangins anderlechtois et ayant en commun avec eux un très lourd passé judiciaire. La police française a retrouvé le sac noir chez Salah G : il contenait une partie du butin de Braine-l’Alleud, soit 17 kg de bijoux divers, mais les plus belles pièces avaient déjà disparu. Le sac contenait aussi le paquet de liens Colson qui a été utilisé lors de l’agression du 28 avril 2017.

D’après les déclarations de la victime, la valeur totale de ce qui lui a été dérobé pourrait avoisiner 750 000 euros. Salah G. n’a jamais voulu dire où étaient les bijoux non retrouvés, ou à qui il les aurait vendus. D’après le ministère public, l’opération devait sans doute financer des activités terroristes.

Deux peines de dix ans de prison ont été requises à l’encontre de Salah G et d’Akim S., qui tous deux nient complètement leur implication dans le vol de Braine-l’Alleud. À l’encontre de Mohamed S., le substitut Gérard a demandé douze ans d’emprisonnement.

Les plaidoiries des avocats de la défense sont prévues le 2 octobre.

Le bijoutier, septuagénaire, a été torturé à l'électricité

C’est alors qu’il se trouvait dans son jardin que le bijoutier habitant à Braine-l’Alleud a été confronté aux malfrats. Ceux-ci ont crié qu’ils étaient de la police et l’ont mis au sol, avant de lui entraver les poignets avec des liens Colson. Il a été emporté de force à l’intérieur de son habitation et un des agresseurs, devant lui, a chargé son arme de poing avant de le menacer.

L’homme avait réussi à se débarrasser des Colson et a tenté de s’emparer du pistolet. Sans succès : il a été tabassé et à nouveau attaché. Pour l’empêcher de crier, les malfrats lui ont placé une paire de gants et des chiffons dans la bouche, un Colson faisant le tour de sa tête maintenant ce bâillon en place.

Les agresseurs, après lui avoir attaché les bras et les chevilles, ont dénudé un câble électrique et lui ont infligé des électrocutions près du cœur, sur les bras et au cou. Selon le légiste, la vie du septuagénaire a été mise plusieurs fois en danger durant ce calvaire de plus d’une heure et demie.