En juin 2016, deux adolescentes séjournant au Domaine, la clinique psychiatrique de Braine-l’Alleud, ont abordé l’infirmière du soir pour lui révéler qu’un de ses collègues, Christophe D, s’était livré à des attouchements envers elles. Elles ont parlé de bisous et de câlins, dérapant avec des mains qui s’égarent sur les vêtements, et des massages alors que l’une d’elles était dans son lit, le suspect priant l’autre fille qui partageait sa chambre de sortir.

Par la suite, il a été question de viol. Une troisième jeune fille, qui avait été hospitalisée précédemment dans l’institution et ne connaissait pas les deux autres, a expliqué qu’elle aussi avait fait l’objet d’attouchements de la part de l’infirmier. Une fois au courant de ces accusations, la direction a licencié le suspect et il s’est retrouvé sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, il y a un mois.

Où il a expliqué qu’il lui arrivait de prendre des adolescents dans ses bras, mais il s’agissait uniquement de gestes de réconfort par rapport à des jeunes désemparés. Il niait aussi les viols et évoquait des phénomènes fréquents de “transfert” lors des suivis psychiatriques.

Le tribunal a fait le tri dans les préventions : ce jeudi, il acquitte le prévenu des faits de viol, au bénéfice du doute. Mais les attouchements sont établis et le prévenu, qui a profité de ses fonctions et de la fragilité des jeunes en détresse, écope de trois ans de prison.

Un sursis probatoire lui est accordé. Pour en bénéficier, il devra suivre une thérapie pour les auteurs de faits d’infraction à caractère sexuel, et il lui est interdit de travailler encore en psychiatrie.