Waterloo - Braine l'Alleud Le parquet avait requis l’acquittement mais le tribunal n’est pas du même avis.

Il y a un mois, Véronique Van Acker, ou plutôt l’avocat qu’elle avait envoyé pour défendre sa cause - elle n’était pas là personnellement à l’audience - se retrouvait à nouveau devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon.

Condamnée l’an dernier à quatre ans de prison avec un sursis partiel pour les escroqueries organisées dans le cadre de ses sociétés Capitalium - plus de sept millions d’euros de préjudice pour les parties civiles -, l’ancienne femme d’affaires n’était apparemment pas tout à fait rangée des voitures…

En effet, de 2015 à 2017, l’institut professionnel des agents immobiliers (IPI) la soupçonnait d’exercer le métier d’agent immobilier en dépit d’une interdiction antérieure prononcée par la justice, et sans avoir l’agrément obligatoire. Son numéro de téléphone était mentionné dans plusieurs annonces immobilières et sur le site en ligne d’une société qui n’était pas inscrite à la banque Carrefour des entreprises. L’idée était de proposer des services de "coach" à des particuliers désirant vendre leur immeuble.

Pour en avoir le cœur net, l’IPI avait envoyé un huissier et un détective privé pour une maison de Nivelles, proposée à la visite. Pensant avoir affaire à des clients normaux, Véronique Van Acker - qui était l’amie de la propriétaire - leur avait fait visiter les lieux, leur avait donné toutes les informations utiles, et même des formulaires en vue de la vente…

À l’audience, le ministère public avait toutefois indiqué qu’il disposait de peu d’éléments vraiment certains pour estimer que les préventions étaient établies. Et un acquittement avait été requis. L’ex femme d’affaires allait-elle passer entre les gouttes ? Finalement, non.

Le jugement rendu hier estime qu’elle a bien commis les infractions. Elle est condamnée à deux mois d’emprisonnement avec sursis, à une amende de 1 600 euros avec un sursis pour la moitié de cette somme, et à payer les indemnités de procédure des parties civiles.