Depuis un peu plus de deux ans maintenant, la SNCB réfléchit à un nouveau concept de gare, qu’elle qualifie de “gare du futur”. Chassez immédiatement de votre esprit les images de trains à sustentation électromagnétiques que l’on peut voir dans de nombreux films de science-fiction hollywoodiens : la gare de demain est plus terre à terre. Et bien plus proche de ce que l’on connaît actuellement. Elle se basera sur le même design que la gare de Waterloo qui vient de faire l’objet d’un profond lifting, et respectera une philosophie en trois points.

1. Des halls-inclusifs

Avec les retards à répétition – même si ce point s’est amélioré ces dernières années avec une ponctualité dépassant désormais les 90 % -, l’accessibilité des trains aux personnes à la mobilité réduite (personnes atteintes de handicap, parents avec poussettes, voyageur avec valise,…) était l’un des principaux reproches des navetteurs à l’égard de la SNCB. Il faut dire qu’on flirtait parfois avec l’ubuesque, comme à Rixensart où les ascenseurs avaient été “oubliés” dans la conception de la nouvelle gare dans le cadre des travaux RER. Une situation qui ne devrait pas se répéter dans le futur : la volonté de la SNCB est de rendre ses gares les plus accessibles possible. Tantôt en créant des rampes d’accès, tantôt des ascenseurs là où la place manque pour construire de telles rampes. “L’objectif est de rendre les gares accessibles à tous, sans assistance, confie Patrice Couchard, directeur des Gares de la SNCB. Qu’ils viennent à la gare à pied, en voiture, à vélo ou en bus, ils doivent pouvoir accéder aux quais sans avoir à gravir de marches.”

© Ennio Cameriere

D’ici 2025, la SNCB souhaite doubler le nombre de gares intégralement accessibles. Soit un total de 150 gares contre seulement 78 aujourd’hui. Certaines seront reconstruites après destruction, comme à Waterloo, ou rénovées, comme à Braine-l’Alleud, et permettront une accessibilité totale tant pour les PMR que pour les personnes malvoyantes. Les gares drainant de 100 à 4000 passagers sont concernées. Des emplacements pour vélos sécurisés seront aussi installés. “C’est important car la demande a explosé ces derniers mois, poursuit Patrice Couchard. Surtout du côté francophone où l’on observe un boom du vélo électrique. Et les navetteurs sont demandeurs d’un endroit surveillé et protéger pour parquer leur vélo.”

Enfin, la SNCB lancera, à partir de 2022, l’installation de sanitaires automatiques dans une centaine de gares. “C’est là aussi une demande des navetteurs.”

2. La durabilité

Désormais, la part belle sera faite aux énergies renouvelables dans toutes les gares. L’ensemble de l’éclairage (hall de gare, quais, parkings, tunnels sous voies,…) sera par exemple remplacé par du Led tandis que les toitures plates seront pourvues, via un financement tiers, de panneaux photovoltaïques.

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3. Des gares modulables

L’architecture des futures gares de la SNCB a été pensée pour permettre une évolution. Les bâtiments sont donc modulables et doivent notamment permettre une rapide extension si la gare venait à devenir trop petite pour le nombre de passagers. Comme une annexe pour une maison. “Les gares ont été imaginées pour permettre l’ajout facile de modules sans devoir passer par des démolitions et ainsi s’adapter aux évolutions aux fils des ans. Ce qui évitera aussi de devoir passer par des tables à dessin d’architecte pour procéder à l’extension d’une gare.”

Par ailleurs, ces gares ont été conçues pour attirer d’éventuels commerçants qui, via des concessions, pourraient louer les espaces vides. “De manière à faire des halls de gare des espaces de vie”, notamment là où il n’y aura plus de guichets humains. 

Au total, la SCNB vise à une accessibilité totale sans assistance de 230 gares à l’horizon 2030 (150 horizon 2025). Soit les gares fréquentées par 90 % des navetteurs.

Jusqu’en 2032 à des investissements de l’ordre de 180 millions d’euros pour améliorer l’accueil des voyageurs.

Une dizaine de nouvelles gares vont être construites selon le même modèle que waterloo. Cette dernière aura coûté 10 millions d’euros.

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