L’ancien président du CPAS s’inquiète des délais pour que l’ado harcelée soit prise en charge par des psychologues.

Le 15 janvier dernier, une élève de 15 ans originaire de Braine-l’Alleud, dont nous tairons le nom, a tenté de mettre fin à ses jours suite à des faits de harcèlement scolaire. L’adolescente faisait l’objet depuis plusieurs semaines de critiques notamment sur son surpoids par d’autres élèves de sa classe. "Elle était mise systématiquement de côté et quand elle arrivait, tout le monde prenait la fuite", explique Olivier Parvais, ancien président du CPAS de Braine-l’Alleud et proche de la famille de la jeune femme.

Elle avait pourtant sollicité une rencontre avec la direction de son école mais elle n’aurait pas été reçue, faute de temps. Désespérée, l’adolescente a ingurgité une boîte de médicaments pour tenter d’en finir. " Elle a fini à l’hôpital pendant quatre jours, dont deux jours aux urgences. Ce n’était pas un appel au secours car elle savait ce qu’elle faisait. S’il y avait eu plus de médicaments dans la boîte, elle serait morte. Elle est très fragile, psychologiquement, sa maman est très paniquée et perturbée, rien ne laissait présager un tel acte ", se désole le Brainois.

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Absente durant une dizaine de jours suite à sa tentative de suicide, la jeune femme a sollicité une seconde entrevue avec la direction de l’école et a demandé à Olivier Parvais de l’accompagner pour la soutenir dans sa démarche. Durant ce rendez-vous, la direction s’est montrée attentive et a décidé d’organiser une confrontation avec une partie des élèves mis en cause. L’entrevue s’est déroulée deux semaines plus tard avec les condisciples convoqués.

" Mais ça ne répond toujours pas à ses attentes car elle est moralement très loin, poursuit Olivier Parvais. Après plusieurs conversations téléphoniques avec sa maman, il y a enfin un espoir : le centre PMS la rencontrera… après les vacances de Carnaval. Il y a eu accident qui aurait pu être dramatique, une situation de détresse, un engagement de l’école mais au final, il faut attendre huit semaines pour une action du PMS. En tant que papa et ancien échevin des Affaires sociales, arrêtons ce genre de délai dilué qui ne permet pas d’agir dans l’urgence thérapeutique. Je peux comprendre qu’il n’y ait pas que son cas. L’école a déjà agi, elle n’est pas restée les bras croisés, mais ce n’est pas suffisant. L’approche psychologique personnelle, elle, n’est toujours pas soignée."