L'homme a contraint l'adolescente à des actes à caractère sexuel, après l'avoir déshabillée.

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a examiné mardi un dossier à charge d'Alexandre T., un Wavrien né en 1984. Le 29 mars 2019, alors qu'il venait de sortir de l'établissement de cure "Le Domaine" à Braine-l'Alleud, il s'est fait ouvrir la porte d'une maison sous un faux prétexte. Ivre et sous l'influence de la cocaïne, il a séquestré un père et sa fille âgée de 14 ans, les a menacés avec un pistolet et un couteau, frappés, et il a contraint l'adolescente à des faits de moeurs. Douze ans de prison ferme suivis de cinq ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines ont été requis. Au départ, poli et posé, le prévenu a demandé aux victimes s'il pouvait téléphoner en expliquant qu'il était un nouveau voisin et qu'il s'était enfermé dehors. Il est revenu quelques minutes plus tard pour un deuxième coup de fil. Mais une fois dans la maison, il a sorti une arme de poing et a obligé le père et sa fille à se mettre dans un canapé. Il a crié, les a menacés, a pris un couteau dans la cuisine en menaçant de leur couper des doigts ou des orteils. Par ailleurs, en plaçant son arme sur la tempe du père de famille, il l'a obligé à téléphoner à des amis pour décommander un rendez-vous qu'il avait fixé dans la soirée.

Parmi d'autres sévices, il a demandé au père de faire un voeu en cinq mots. Et comme la phrase en comportait trois de plus, il a cassé une bouteille sur le crâne de la victime. Malgré ses blessures, le père a pu sortir de la maison pour appeler des secours. Mais sa fille, qui le suivait, a été rattrapée par l'agresseur, qui l'a obligée à se déshabiller et l'a contrainte à des actes sexuels avant l'arrivée de la police.

Lorsque les agents sont arrivés sur les lieux, l'homme les a mis en joue à plusieurs reprises et les policiers ont été contraints, après de nombreuses injonctions sans effet, à faire feu sur lui.

Le ministère public, pointant la dangerosité particulière du prévenu et l'extrême gravité des faits, a requis une peine de douze ans de prison ferme, suivie de cinq ans de mise à disposition du gouvernement. Le tribunal rendra son jugement le 3 décembre.

« Je m’incline devant leur souffrance »

L’avocat du prévenu, Me Alain Vergauwen, a commencé sa plaidoirie hier en expliquant que le tribunal devrait rendre justice… d’abord aux victimes.

« Ce que les victimes ont vécu est d’une violence terrible, a-t-il plaidé. L’un et l’autre ont subi des choses épouvantables, ils ont été meurtris dans leur chair, et psychologiquement. Ils ont vécu des scènes cauchemardesques et il serait indécent de ma part de remettre en cause quel qu’élément que ce soit de leur récit. Tout ce que je m’autorise à faire, c’est saluer leur courage et m’incliner devant leur souffrance. Devant le courage et le sang-froid du policier qui est intervenu aussi, même si c’est son métier. Je fais le voeux que ces victimes pourront surmonter les séquelles de cette agression. »