« C’est simple, on est tous dans la merde ». C’est avec ces mots que le chef cuistot et le responsable de la Cocotte belge, un restaurant à Waterloo, nous ont accueillis ce samedi. Entre colère et incompréhension, ils nous ont livré leurs sentiments sur les nouvelles mesures qui frappent de plein fouet le secteur Horeca.

« On a tout mis en place pour faire respecter les mesures, on a investi, on respecte les règles et on a ouvert pendant des mois avec une capacité moindre. Bilan : on a aucun cas de covid chez nous et quand bien même au final, on se fait punir. Surtout que l’Horeca est le seul secteur à payer l’addition. On ne comprend pas du tout ! »

Une incompréhension liée également au manque de cohérence des nouvelles règles. « Pourquoi autoriser encore les cinémas, les théâtres ou encore et surtout les écoles ? Car c’est surtout dans les écoles qu’on recense plein de cas de covid et pas dans l’Horeca… »

La réévaluation de la mesure dans 15 jours, ils n’y croient pas trop. « Très honnêtement, je crois qu’on est parti comme ça jusqu’au mois de janvier. Ils vont nous dire quoi ? Vous pouvez rouvrir pour les fêtes et les réveillons, alors qu’on a toujours beaucoup de monde, ce serait complètement incohérent. Alors non, dans 15 jours ça ne changera pas, mais on craint que ce soit le cas pour bien plus longtemps encore. »

Avec toutes les conséquences que cela pourrait engendrer. « Beaucoup avaient déjà la tête sous l’eau. Ici, ils vont couler et les mesures de soutien financier n’y changeront rien. On a vraiment l’impression qu’on ne compte pas. Ils n’ont pas non plus pensé aux conséquences psychologiques : les professionnels qui en auront ras-le-bol, tous ceux qui voudront se reconvertir – et on y a déjà pensé - et puis les suicides, les pétages de plomb et autres drames sociaux que ça va engendrer… »

En guise de baume au cœur, ce dernier week-end avant la fermeture imposée s’annonce chargé. « Le soutien des clients, c’est moralement super important. Ils seront là, malgré le climat anxiogène qui règne – notamment dans les médias. Alors on va essayer de remplir le restaurant à crever ce week-end, en respectant les règles car on sait que dès lundi, on va nous empêcher à nouveau de vivre notre passion pour se retrouver presque en quarantaine chez soi. Plus que du courage, c’est de la hargne voire de la haine qu’il nous faudra... »