Cela fait une petite semaine que Raphaël Szuma a endossé le poste de président de CPAS de Waterloo, à la suite de la décision du collège communal d’évincer Étienne Verdin pour rupture de confiance. Le nouveau président du CPAS n’a pas perdu de temps et s’est immédiatement penché sur les dossiers de son prédécesseur, notamment celui relatif au nouveau centre administratif du CPAS. En analysant le dossier, un document troublant a retenu son attention.

Il s’agit d’un courrier de la directrice financière du CPAS datant de septembre 2020 et adressé à son prédécesseur. Dans ce courrier, la directrice met en garde l’ex-président Verdin sur les coûts du projet qui s’avèrent plus importants que prévu. Elle affirme en effet que les estimations réalisées en 2019, qui évoquaient un montant total de 5,3 millions d’euros, sont sous-évaluées et que le projet coûterait entre 7 à 8 millions d’euros pour les deux phases (la construction du nouveau centre et la rénovation du bâtiment existant). Puisque l’emprunt de 5 millions initialement prévu ne sera pas suffisant pour financer cet investissement, elle suggère d’avertir la commune puisque c’est elle qui assumera ces surcoûts.

Ce document, porté à la connaissance de la bourgmestre, du directeur financier et du directeur général ce lundi, a provoqué la stupéfaction. Aucun d’eux n’a eu vent de ces montants, et encore moins de la nécessité de contracter un deuxième emprunt pour la seconde phase du projet. “Il nous a toujours été dit que le coût total du projet était de 5 millions d’euros. Mais aujourd’hui, j’apprends que le projet coûtera au moins 8 millions, sans parler des frais de fonctionnement  !, fulmine Florence Reuter. J’ai recherché les P.-V. des comités de concertation (réunions entre des représentants du CPAS et de la commune, NdlR) et l’on ne m’a jamais dit qu’il y avait un surcoût. Étienne Verdin a maintenu un certain flou. C’est un manque total de transparence sur les projets qui impliquent les finances communales et cela confirme la rupture de confiance que l’on dénonce. Maintenant qu’on s’est engagé dans cette première phase, on est tenu de faire le reste. Mais on a aucune vision claire sur ce que ça va nous coûter.

Comme il l’a fait pour d’autres institutions de la commune, le collège communal a décidé de commander un audit pour faire toute la lumière sur la gestion du CPAS. Il a également mandaté le directeur financier afin qu’il évalue les capacités financières de la commune à assumer le surcoût du projet du CPAS. Si les finances le lui permettent, le collège poursuivra le dossier, dont il ne remet pas en cause la pertinence.

Étienne Verdin se dit très surpris

Contacté, l’ancien président du CPAS se dit très surpris. Il affirme qu’il a toujours été transparent à propos des montants engagés. “Ce projet a été présenté à la commune, au collège, au comité de concertation, assure Étienne Verdin. Il était illusoire de penser que les deux phases du projet pouvaient ne coûter que 5 millions. Ce montant ne concerne que la première phase et l'attribution du marché en atteste. Il y a eu une confusion, volontaire ou non, dans le chef de la bourgmestre. Je suis stupéfait de cette mauvaise foi. C’est la preuve d’un désintérêt de la part de la bourgmestre pour les projets du CPAS. En deux ans de pandémie, elle ne m’a jamais demandé comment ça allait au Gibloux, au CPAS. Je veux toutefois rester constructif et je me mets à la disposition du président du CPAS pour qu’il comprenne ce projet de construction.”