En août 2019, Egzon, un Bruxellois né en 1991, n’était pas venu s’expliquer devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon, alors qu’on l’accusait d’avoir participé à une violente expédition punitive à Waterloo. Par défaut, il avait écopé de 30 mois d’emprisonnement ferme.

Les faits remontaient à l’été 2017. La mère d’un jeune Bruxellois s’était plainte, sur les réseaux sociaux, que son fils avait été frappé par des jeunes originaires de Waterloo. Plusieurs Bruxellois s’étaient alors mobilisés pour organiser une vengeance. C’est ainsi qu’Egzon et d’autres ont débarqué dans le Brabant wallon, avec une liste de jeunes à retrouver pour régler des comptes d’une manière qu’on devine peu pacifique.

Une fois dans le centre de Waterloo, ces Bruxellois ont trouvé des locaux qui rôdaient dans le centre-ville et les ont intimidés et menacés pour qu’ils révèlent où ils pourraient trouver les personnes qui figuraient sur cette fameuse liste. Trois personnes, tous des mineurs d’âge, avaient été frappées par la bande bruxelloise ce soir-là.

Revenu faire opposition au jugement rendu par défaut, Egzon a affirmé qu’il ne connaissait aucune des victimes. On lui avait dit dans son quartier qu’ils s’en étaient pris à un jeune de quinze ans, alors il a décidé d’aller sur place avec quelques amis.

"Je n’y allais pas pour frapper mais il y a eu des insultes et c’est parti en bagarre : je n’ai rien pu faire", a-t-il affirmé devant la justice aclote.

Dans le jugement qu’il vient de rendre, le tribunal confirme les 30 mois infligés par défaut au prévenu. Un sursis de cinq mois est cependant prévu si l’intéressé accepte différentes conditions qui lui imposent notamment de suivre une formation à la gestion de l’agressivité.