Il y a à peu près un an, la police de Waterloo effectuait ce contrôle au domicile d’une famille qui a très vite dégénéré et fait couler beaucoup d’encre. Les images filmées par la famille ont massivement tourné sur les réseaux sociaux et l’image de la police en a pris un fameux coup. Un procès doit encore se tenir, mais l’événement a laissé des traces.

L’incident avait d’ailleurs poussé la bourgmestre à demander au chef de corps d’accélérer la procédure pour munir les policiers de bodycams. S’ils avaient été munis de ces caméras embarquées au moment des faits, le contrôle se serait sans doute déroulé autrement. "C’est le genre d’intervention où ces caméras ont tout leur sens car ça permet la désescalade, affirme Alessandro Moschini, directeur des opérations au sein de la zone waterlootoise. Le retour qu’on a des autres zones de police qui ont déjà des bodycams, c’est que les gens se calment très vite quand on leur dit que l’on va filmer l’intervention. C’est une finalité intéressante pour la sécurité du citoyen et de la police. En ce qui concerne le contrôle de décembre 2020, il faut préciser que ça n’aurait pas permis d’améliorer l’image entachée de la zone car légalement, on ne peut pas diffuser les images sur les réseaux sociaux. Mais les images auraient pu servir au procès."

Et après plusieurs mois de réflexion, de test et d’échanges avec d’autres zones, c’est enfin une réalité. La police de Waterloo s’est dotée de huit bodycams destinées à ses équipes d’intervention, qu’elles peuvent embarquer dès lundi. L'investissement est d'à peu près 18.000 euros. Capables de filmer à environ 180° autour du policier, elles serviront lors d’interventions sensibles, de perquisitions ou encore de contrôles. Pour le moment, il s’agit du modèle de base, mais la zone fera une évaluation au bout de six mois pour déterminer les options qu’elle désire ajouter (par exemple la possibilité pour un policier d’activer les caméras de ses collègues afin de filmer la scène à partir de plusieurs points de vue) et voir si elle souhaite en acquérir davantage.

Les policiers seront tenus de respecter les obligations reprises dans la loi sur la fonction de police, comme le fait de signaler à la personne contrôlée que la caméra va être enclenchée. Notons qu’une fois averti, le citoyen ne peut pas exiger que l’appareil soit éteint et refuser d’apparaître sur l’image. Ces images restent disponibles un mois et stockées durant un an. Au-delà d’un mois, la police doit obtenir l’accord du procureur du roi pour pouvoir exploiter les images. "Il y a une finalité pédagogique qui peut être intéressante puisqu’on peut, si l’on floute les visages, exploiter les vidéos d’un contrôle pour en tirer les leçons", souligne le directeur des opérations.