Brabant wallon Des habitants de Joli-Bois protestent contre le projet de rénovation de leur rue.

Au départ, il s’agissait d’un projet qui devait permettre d’améliorer le cadre de vie des habitants de deux rues du quartier de Joli-Bois à Waterloo. Mais il semble avoir un goût plutôt amer pour plusieurs de ses habitants, aujourd’hui réunis en comité de quartier.

La commune envisage en effet depuis plusieurs mois de complètement rénover l’avenue Bel- Air et une partie de l’avenue Beauvoisin. Alors que les voitures des riverains doivent aujourd’hui y stationner sur la chaussée, des places de parking seraient officiellement créées via un système de dévoiement, et les dalles de béton - très abîmées par le temps - seraient remplacées par de l’asphalte, tandis que le confort des piétons serait aussi amélioré par la rénovation des trottoirs. Coût : 700 000 € dont la moitié financée par la Région.

Le permis d’urbanisme a été octroyé et les premiers travaux d’abattage des arbres jalonnant les deux rues devaient débuter hier matin. Devaient car des riverains s’y sont opposés. "Entendons-nous bien : nous ne sommes pas contre la rénovation de la rue. Nous y sommes d’ailleurs clairement favorables car elle le nécessite, confie Pierre Crasson et Axel Bourgraff, les porte-paroles du comité de quartier qui s’est formé. Mais le projet tel que proposé ne nous convient pas et nous déplorons que la commune ait décidé de passer en force, sans réelle concertation avec les riverains, faisant même fi de leurs remarques."

Selon Pierre Crasson, hormis une réunion de concertation sur l’avant-projet et une enquête publique organisée durant les vacances d’été, les riverains n’auraient pas été consultés de toute la procédure. "Même au sein de la commission consultative de l’aménagement du territoire (NdlR : CCATM) où je siège, on n’a pas voulu écouter nos doléances. Les rapports indiquent que j’y exprimais mon avis personnel alors que je faisais en réalité part de l’avis des riverains, réunis dans une pétition de 75 signatures ! Plusieurs de nos demandes sont restées sans réponse. Et nous n’avons été informés de l’octroi du permis que le 28 novembre alors qu’il avait été octroyé début octobre !"

Concrètement, les habitants réunis dans ce comité de quartier déplorent les conséquences que le système de dévoiement pourrait apporter. En gros, que leur rue devienne une autoroute à automobilistes qui souhaitent éviter les embouteillages de la chaussée de Tervuren pour rejoindre la drève Richelle. Et que ceux-ci dépassent largement la vitesse autorisée. "Il aurait été plus judicieux de conserver la ligne droite et de marquer des emplacements de parking pour faire des chicanes et ralentir les automobilistes. Nous aurions souhaité faire modifier le projet mais la commune ne veut pas nous entendre."

Hier, alors que les ouvriers communaux étaient prêts à abattre les arbres, l’opération a finalement été postposée et des émissaires, accompagnés des forces de l’ordre, ont été envoyés pour discuter avec les riverains. S’en est suivi un dialogue de sourds entre les deux parties.

Finalement, l’abattage des arbres a été postposé. Le comité de riverains envisage de déposer un recours devant le Conseil d’État. Avec une contrainte : la date butoir pour l’introduire est fixée au 28 janvier.

Florence Reuter : "On a opté pour la meilleure solution"

Certains riverains disent ne pas avoir été concertés. Qu’en pensez-vous ?

“Tout a été fait dans les règles de l’art. Dans ce genre de dossier, nous réalisons toujours une première réunion de concertation de réunion. Ça a été le cas ici : j’y étais. Il y a eu une enquête publique et nous avons informé le comité de quartier restreint. On a pris en considération leurs remarques. Je ne suis pas ingénieure mais un bureau d’études, des ingénieurs et la police ont estimé que le projet proposé était la meilleure solution.”

Les riverains estiment qu’une chicane aurait été préférable à un dévoiement…

“Une chicane, c’est un emplâtre sur une jambe de bois. On n’en met que lorsqu’on ne peut pas faire autrement. Le dévoiement était la meilleure solution. Un tel aménagement a été réalisé dans la rue Saint-Germain et la rue de l’Infante. Ça y fonctionne très bien.”

Un retour en arrière de la commune est-il possible ?

“On va analyser une nouvelle fois les remarques des riverains et voir ce qu’on peut faire. Mais en tant qu’élu, on doit savoir prendre les bonnes décisions pour l’intérêt collectif. On a déjà eu pas mal de frais et on ne peut pas se permettre de perdre ce subside de 350 000  €. D’autant plus que de nombreux riverains réclament depuis longtemps qu’on refasse leur rue.”