Deux dates ont marqué le calendrier de ces dernières semaines : la Journée mondiale sans tabac, le mardi 31 et la Journée mondiale de l’environnement ce dimanche 5 juin. C’est à cette occasion que les verts de la commune de Waterloo ont décidé d’interpeller la commune sur "ce détritus-roi" qu’est le mégot. En 2018, la commune de Waterloo avait répondu à un appel à projets de la Région wallonne, incitant les communes à installer des cendriers en ville. Une dizaine de cendriers avaient alors été installés dans le centre. "Les écologistes saluent l’initiative prise par la commune", adressent-ils à la commune mais, pour eux, cette "seule" action, n’est pas suffisante.

"Des ramassettes remplies tous les jours"

Certains commerçants ont pris l’initiative d’installer eux-mêmes des dispositifs, pourtant cela ne semble pas vraiment améliorer la situation. "Nous avons énormément de clients fumeurs et que ceux-ci sortent pour fumer bien que nous possédions un grand fumoir. C’est ce qui nous a poussés à installer un grand cendrier à l’entrée de l’établissement", explique le gérant du Touchdown à Waterloo. "Pourtant, ça ne change pas grand-chose au problème, on continue à avoir des ramassettes remplies tous les jours." N’ayant pas de moyens pour faire cesser ces incivilités, le propriétaire a déjà pris les choses en main. "Le vendredi, nous avons quelqu’un qui surveille l’entrée, c’est déjà arrivé que l’on fasse ramasser tous les mégots à celui qui se fait attraper." Pour ce gérant, même si les jeunes semblent sensibles à l’environnement, "ils le sont beaucoup moins lorsque l’on touche à leurs habitudes et à leur zone de confort". Il constate d’ailleurs que le phénomène, même s’il existe depuis longtemps, ne fait qu’empirer.

© SIMON CHEROT

À l’occasion de la Journée de l’environnement de ce dimanche 5 juin, Ecolo Waterloo et d’autres groupes locaux appelaient la commune "à une prise de conscience et une prise en considération de la problématique", selon Adrien Volant, militant écologiste local.

"Ici, commence la mer"

Le souhait des verts, c’est une sensibilisation de grande ampleur auprès de la population, une discussion avec les commerçants et patrons d’établissements, afin de les convaincre d’installer des cendriers sur leur devanture, mais également de "vraies" sanctions vis-à-vis des personnes qui jettent leurs mégots à terre. "À Waterloo, il n’y a pas de montant défini lorsqu’un policier verbalise une personne qui jette son mégot. C’est au fonctionnaire sanctionnateur de décider du montant par la suite… Il faut suivre l’exemple d’autres villes comme Bruxelles, qui a quadruplé l’amende pour atteindre 200 € afin de punir les contrevenants", insiste le militant écologiste. Dans la même veine, Ecolo veut "que la commune se prononce sur une interdiction pure et simple de fumer dans les parcs de jeux".

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"Lors de l’action grand nettoyage de BeWapp le mois dernier, nous avons constaté une fois de plus qu’à côté des cannettes, le mégot demeure encore et toujours le détritus-roi dans les rues de Waterloo !" Pour rappel, un mégot met près de 15 ans avant de se décomposer et pollue 500 litres d’eau. "Pour prendre cette problématique à bras-le-corps, il est nécessaire que la commune mette les bouchées doubles. Que cela soit en termes de sensibilisation et en termes de sanction", déclare le conseiller communal Gérard Dayse (Ecolo), qui a interpellé le collège lors du conseil communal d’hier.

"Les flyers ne serviront à rien"

Ils réclament "une large communication via une campagne d’affichage, de flyers, d’actions en contact direct comme des distributions de cendriers de poche, ou encore auprès des établissements de l’Horeca et des commerces pour que ceux-ci disposent d’un cendrier sur leur devanture. Ils estiment également qu’un travail sur la signalétique est nécessaire : que cela soit au niveau du réseau de cendriers urbains installés qui mériteraient plus de visibilité, au niveau de chaque corbeille publique qu’ils souhaitent voir équipée d’un système d’éteignoir et de cendriers, mais encore au niveau des bouches d’égout où des plaques avec la mention ‘ici commence la mer’ pourraient être apposées".

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Pour le gérant du Touchdown, "les affichettes et flyers ne serviront à rien, à moins que le montant de l’amende, à condition qu’il soit revu à la hausse, soit spécifié en grand sur le papier".